Ces deux démarches sont infondées… Quant à la seconde, son caractère fallacieux apparaît avec encore plus d’évidence sous de nombreux aspects… (1)
- La conversion (fasḫ) du ḥajj en ʿumrah s’accorde parfaitement avec les principes du raisonnement analogique (qiyâs) ; elle ne les contredit nullement. Même si aucun texte explicite n’en avait traité, le qiyâs suffirait à en établir la licéité, et la preuve textuelle n’est venue que confirmer ce raisonnement. Ainsi l’a exposé Shaykh al-Islâm, qui l’étaye par le fait que, lorsqu’un pèlerin en iḥrâm s’impose un engagement plus lourd que celui qu’il avait initialement contracté, cela est permis d’un commun accord entre les imams. Si donc quelqu’un se met en iḥrâm pour l’ʿumrah puis y adjoint le ḥajj, c’est valable sans aucune controverse. En revanche, s’il commence par l’iḥrâm du ḥajj puis y ajoute l’ʿumrah, la chose est jugée invalide par la majorité ; tel est l’avis de Mâlik, d’Aḥmad et d’Ash-Shâfiʿî, selon la formulation la plus répandue de son école. Abû Ḥanîfa l’autorise toutefois, fondant sa position sur le principe que le qârin (celui qui combine les deux rites) accomplit deux circumambulations (tawâf) et deux parcours de saʿy.
Il ajoute : c’est également la logique du propos rapporté d’Aḥmad au sujet du qârin, à savoir qu’il effectue deux tawâf et deux saʿy. Partant, celui qui n’avait pris au début l’engagement que du ḥajj ne s’était astreint qu’à ce rite ; lorsqu’il devient mutamattiʿ, il s’oblige désormais à une ʿumrah et à un ḥajj. Par la conversion, il endosse donc plus qu’il ne le faisait auparavant ; cela est donc licite, et, parce que cette formule est supérieure, elle devient recommandée.
La difficulté n’est apparue qu’à ceux qui ont cru qu’il s’agissait de transformer un ḥajj en une simple ʿumrah. Tel n’est pas le cas ; car s’il voulait vraiment convertir son ḥajj en une ʿumrah isolée, cela serait unanimement interdit. La conversion n’est permise qu’à celui qui a l’intention d’accomplir le ḥajj après l’ʿumrah. Le mutamattiʿ, dès qu’il se met en iḥrâm pour l’ʿumrah, est déjà intégré dans le ḥajj, comme l’a déclaré le Prophète ﷺ : « L’ʿumrah a été incluse dans le ḥajj jusqu’au Jour de la Résurrection. » C’est pourquoi il lui est permis de jeûner les trois jours dès qu’il assume l’iḥrâm pour l’ʿumrah, preuve qu’il est alors considéré comme étant dans le ḥajj. Quant au renouvellement ultérieur de son iḥrâm pour le ḥajj, il s’apparente à la personne en état de grande impureté rituelle (janâbah) qui commence par faire ses ablutions mineures avant de prendre son bain rituel, et c’est précisément ainsi que le Prophète ﷺ procédait lorsqu’il se lavait après une janâbah