Il répondit : Louange à Allah.
Quant à celui qui prétend que Laylat al-Isrāʾ est supérieure à Laylat al-Qadr, s’il entend par là que la nuit au cours de laquelle le Prophète ﷺ fut transporté, et celles qui lui correspondent chaque année, seraient – pour la communauté de Muḥammad ﷺ – meilleures que Laylat al-Qadr, si bien que veiller en prière et invoquer durant cette nuit vaudrait davantage que durant Laylat al-Qadr, alors une telle affirmation est nulle : aucun musulman ne l’a jamais soutenue et son caractère fallacieux est évident d’après l’ensemble de la religion. Cela, alors même que l’on saurait pertinemment quelle est Laylat al-Isrāʾ ; or, il n’existe aucune preuve déterminante quant à son mois, sa décade ou sa date précise. Les récits à ce sujet sont fragmentaires et divergents, sans qu’aucun ne permette de trancher.
Il n’a donc pas été institué pour les musulmans de réserver la nuit que l’on suppose être Laylat al-Isrāʾ à une station de prière ou à une autre pratique cultuelle, contrairement à Laylat al-Qadr. En effet, il est établi dans les deux Ṣaḥīḥ (al-Bukhârî et Muslim) que le Prophète ﷺ a dit : « Cherchez Laylat al-Qadr dans les dix dernières nuits de Ramaḍân. » Et, également dans les deux Ṣaḥīḥ, il a dit : « Quiconque passe Laylat al-Qadr en prière, animé de foi et d’espérance dans la rétribution, ses péchés antérieurs lui seront pardonnés. » Allah, exalté soit-Il, a d’ailleurs informé qu’elle vaut mieux que mille mois et qu’Il y a fait descendre le Coran.
S’il veut simplement dire que la nuit précise durant laquelle le Prophète ﷺ fut transporté connut pour lui des faveurs qui ne se reproduisirent à aucune autre, sans qu’il soit légiféré pour autant de la distinguer par une prière ou une adoration particulière, cela est exact. Toutefois, lorsque Allah accorde à Son Prophète un mérite lié à un lieu ou à un moment, cela n’implique pas que ce lieu ou ce moment devienne supérieur à tous les autres ; et encore faudrait-il qu’une preuve établisse que la grâce qu’Allah accorda à Son Prophète lors de la nuit de l’Isrāʾ dépassa celle qu’Il lui conféra en faisant descendre le Coran durant Laylat al-Qadr, ainsi que les autres bienfaits qu’Il lui a octroyés.
Parler de telles questions exige de connaître la réalité des choses et la mesure des bienfaits, ce qui ne s’apprend que par la révélation ; il n’est donc permis à personne d’en discuter sans science. On ne connaît d’ailleurs aucun musulman ayant attribué à Laylat al-Isrāʾ une supériorité sur d’autres nuits, a fortiori sur