Chapitre : Les personnes bénéficiant d’excuses légitimes
448 – La rupture du jeûne pour se fortifier en vue du combat
– Ibn al-Qayyim rapporte : « Notre maître Ibn Taymiyya a autorisé la rupture du jeûne afin de se renforcer pour le jihâd ; il l’a pratiquée lui-même et a donné cet avis juridique lorsque l’ennemi assiégea Damas pendant le Ramadan. Certains pseudo-juristes le blâmèrent en déclarant : “Ce n’est pas un long voyage.” Le shaykh répondit : “Il s’agit ici de rompre le jeûne pour se préparer à combattre l’ennemi, et cela prime sur la dispense accordée au voyageur qui effectue deux jours de trajet licite, voire illicite. Lorsque les musulmans affrontent l’ennemi en étant à jeun, ils ne peuvent pas lui infliger de lourdes pertes ; le jeûne risque même de les affaiblir durant la bataille, et l’ennemi pourrait alors s’en prendre au cœur de l’islam. Quel juriste pourrait douter que la rupture du jeûne, dans cette situation, est prioritaire sur celle du voyageur ? Le Prophète ﷺ ordonna en effet à ses Compagnons, lors de la conquête, de rompre le jeûne afin qu’ils se renforcent contre l’ennemi ; il justifia cette dispense par la nécessité de disposer de forces face à l’ennemi, et non par le voyage. Allah sait mieux. » [Badâ’iʿ al-fawâ’id 4/37].
– Il ajoute : « Il ﷺ leur ordonnait¹ de rompre le jeûne lorsqu’ils s’approchaient de l’ennemi, afin de se fortifier pour le combattre. Si une situation analogue survient en résidence, et que la rupture du jeûne leur procure la force d’affronter l’ennemi, leur est-elle permise ? Deux avis existent ; le plus probant, d’après les preuves, est l’affirmative. C’est l’opinion choisie par Ibn Taymiyya, et c’est la fatwa qu’il donna aux armées musulmanes lorsqu’elles rencontrèrent l’ennemi aux abords de Damas. » [Zâd al-maʿâd 2/53].
– Ibn Kathîr déclare : « Il² émit pour les gens une fatwa leur permettant de rompre le jeûne durant toute la période des combats, et il rompit lui-même son jeûne également, … »