s’apparente au cas où l’on verrait quelqu’un manger ou boire et que l’on dirait : « Celui qui mange et celui qui boit ont rompu leur jeûne. » Cette parole ne fait qu’indiquer la cause qui entraîne la rupture du jeûne, sans tenir compte de ce qui pourrait l’empêcher ; or l’on sait, par une preuve extérieure, que l’oubli constitue un empêchement à l’invalidation du jeûne. Il en va donc de même pour l’erreur et l’ignorance. Allah est plus savant. [Iʿlâm al-muwaqqiʿîn 2/50-53] (1). – Ibn Mufliḥ a dit : « Le jeûne de la personne enterrée sous terre (2) qui se fie, la nuit, à une estimation est d’autant plus recevable, car il est plus aisé ici d’éviter l’erreur, tandis que l’oubli, lui, est impossible à prévenir. Il en va de même pour le prieur qui, par inadvertance, termine sa prière alors qu’il lui manque des unités : aucun signe extérieur, aucun indice, si ce n’est son propre souvenir ; alors qu’ici existent des repères permettant la prudence et la vigilance. Il est rapporté, par ailleurs, qu’aucun rattrapage n’incombe à celui qui a eu un rapport charnel en ignorant que le temps de jeûne avait commencé ; c’est l’avis retenu par notre maître, lequel a affirmé : “Cela concorde avec les principes d’Aḥmad et d’autres.” Il a déjà exposé son opinion au sujet de celui qui a rompu le jeûne pour découvrir ensuite que l’on était en Ramadan. » [Al-Furûʿ 3/74 (5/39)] (3). Cf. ce qui précède sous le n° 432. 445 – Celui qui accomplit l’un des actes annulant le jeûne par ignorance : – Ibn al-Qayyim a dit : « … Cela montre que l’ignorant est plus excusable que l’oubliant et qu’il mérite davantage de n’être pas tenu pour parjure. Les disciples de al-Shâfiʿî l’ont d’ailleurs expressément reconnu pour les serments, mais ils se sont contredits en estimant, pour le jeûne, que l’oubliant était mieux excusé que l’ignorant : ils ont invalidé le jeûne de l’ignorant, non celui de l’oubliant. Notre maître les a mis à égalité et a déclaré : l’ignorant mérite, à plus forte raison, de ne pas voir son jeûne invalidé. »
(1) Dans al-Fatâwâ, t. 20, p. 569-573, avec un léger écart et sans la réponse à la dernière question qu’Ibn al-Qayyim lui avait posée. Cette citation a déjà été signalée aux pp. 57-58. (2) C’est-à-dire al-maṭmūra (la prison souterraine). Voir al-Miṣbâḥ al-munîr, t. 2, p. 378. (3) al-Fatâwâ, t. 25, p. 264 ; al-Ikhtiyârât d’al-Ba‘lî, p. 161.
كما لو رأى إنسانًا يأكل أو يشرب، فقال: أفطر الآكل والشارب، فهذا فيه بيان السبب المقتضي للفطر، ولا تعرض فيه للمانع، وقد علم أن النسيان مانع من الفطر بدليل خارج، فكذلك الخطأ والجهل، والله أعلم) [إعلام الموقعين ٢/ ٥٠ ــ ٥٣] (١). - وقال ابن مفلح: (وصوم المطمور (٢) ليلًا بالتحرِّي، بل أولى، لأن إمكان التحرز من الخطأ هنا أظهر، والنسيان: لا يمكنه التحرز منه، وكذا سهو المصلي بالسلام عن نقص، ولا علامة ظاهرة، ولا أمارة سوى علم المصلي، وهنا علاماتٌ، ويمكن الاحتياط والتحفُّظ، وتأتي رواية: لا قضاء على من جامع جاهلًا بالوقت، واختاره شيخنا، وقال: هو قياس أصول أحمد وغيره. وسبق قوله فيمن أفطر فبان رمضان) [الفروع ٣/ ٧٤ (٥/ ٣٩)] (٣). وانظر: ما سبق برقم (٤٣٢). ٤٤٥ - من أتى بشيء من المفطرات جاهلا: - قال ابن القيم: ( ... وهذا يدل على أن الجاهل أعذر من الناسي، وأولى بعدم الحنث، وصرح به أصحاب الشافعي في الأيمان، ولكن تناقضوا كلهم في جعل الناسي في الصوم أولى بالعذر من الجاهل، ففطروا الجاهل دون الناسي، وسوّى شيخنا بينهما، وقال: الجاهل أولى بعدم الفطر
(١) «الفتاوى» (٢٠/ ٥٦٩ - ٥٧٣) مع اختلاف يسير، ودون الجواب عن السؤال الأخير الذي سأله إياه ابن القيم، وقد سبقت الإشارة إلى هذا النقل (ص ٥٧ - ٥٨). (٢) أي: المحبوس في المطمورة، وهي الحبس الذي يكون تحت الأرض. ينظر: «المصباح المنير» (٢/ ٣٧٨). (٣) «الفتاوى» (٢٥/ ٢٦٤)، «الاختيارات» للبعلي (١٦١).