Notre maître a dit : La démonstration de ceux qui affirment que, dans tous ces cas, le jeûne n’est pas rompu est la plus solide, et l’appui du Livre et de la sunna à leur égard est le plus manifeste. En effet, Allah — exalté soit-Il — a mis sur le même plan l’erreur et l’oubli en ce qui concerne l’absence de blâme ; de plus, quand il s’agit des interdictions liées au pèlerinage, l’auteur d’une erreur et celui qui oublie y sont assimilés, car ni l’un ni l’autre n’a l’intention de désobéir. Il est rapporté dans le Ṣaḥîḥ qu’ils rompirent le jeûne à l’époque du Messager d’Allah — qu’Allah le bénisse et le salue — puis le soleil se leva, et rien, dans le hadith, n’indique qu’il leur fut ordonné de rattraper ce jour. Hichâm ibn ʿUrwa fut toutefois interrogé à ce sujet ; il répondit : « Il faut nécessairement le rattraper. » Son père, ʿUrwa, plus savant que lui, affirmait pour sa part : « Aucun rattrapage ne leur incombe. » Il est également authentifié dans les deux Ṣaḥîḥ que certains Compagnons mangèrent jusqu’à ce que la ligne noire leur apparût distincte de la blanche, et personne ne leur prescrivit de compenser ce jour, bien qu’ils se soient trompés. Il est établi qu’ʿUmar ibn al-Khaṭṭâb rompit le jeûne, puis il fut manifeste que le jour s’était levé. Il déclara alors : « Nous ne rattraperons pas, car nous ne nous sommes pas volontairement penchés vers le péché. » D’une autre chaîne, on rapporte qu’il dit : « Nous rattraperons. » La première version est toutefois la plus fiable ; il est également authentique qu’il ait dit : « L’affaire est légère. » Certains ont interprété cette parole comme une allusion à la facilité du rattrapage, mais le terme n’indique pas cela. Notre maître conclut : En somme, cette opinion est la plus forte tant du point de vue des textes que du raisonnement ; elle correspond le mieux aux indications du Livre, de la sunna et de l’analogie. Je lui dis : Le Prophète — qu’Allah le bénisse et le salue — passa près d’un homme qui se faisait pratiquer la hijâma (saignée) et dit : « Le praticien et le saigné ont rompu leur jeûne. » Or ni l’un ni l’autre ne savaient que la saignée annule le jeûne, et la parole « Le praticien et le saigné ont rompu leur jeûne » ne leur était pas encore parvenue ; il se peut même que la règle n’ait été instaurée que ce jour-là. Il me répondit, en substance, que le hadith implique que cet acte rompt bel et bien le jeûne, et cela
قال شيخنا: وحجة من قال لا يفطر في الجميع أقوى، ودلالة الكتاب والسنة على قولهم أظهر، فإن الله سبحانه سوّى بين الخطأ والنسيان في عدم المؤاخذة، ولأن فعل محظورات الحج يستوي فيه المخطئ والناسي، ولأن كل واحد منهما غير قاصد للمخالفة. وقد ثبت في «الصحيح» أنهم أفطروا على عهد رسول الله ﷺ ، ثم طلعت الشمس، ولم يثبت في الحديث: أنهم أمروا بالقضاء، ولكن هشام بن عروة سئل عن ذلك، فقال: لا بد من قضاء. وأبوه عروة أعلم منه، وكان يقول: لا قضاء عليهم. وثبت في «الصحيحين»: أن بعض الصحابة أكلوا حتى ظهر لهم الخيط الأسود من الأبيض، ولم يأمر أحدًا منهم بقضاء، وكانوا مخطئين. وثبت عن عمر بن الخطاب أنه أفطر، ثم تبين النهار، فقال: لا نقضي، لأنا لم نتجانف لإثم. وروي عنه أنه قال: نقضي. وإسناد الأوّل أثبت، وصحّ عنه أنه قال: الخطب يسير. فتأول ذلك من تأوله على أنه أراد خفة أمر القضاء، واللفظ لا يدل على ذلك. قال شيخنا: وبالجملة، فهذا القول أقوى أثرًا ونظرًا، وأشبه بدلالة الكتاب والسنة والقياس. قلت له: فالنبي ﷺ مرَّ على رجل يحتجم، فقال: «أفطر الحاجم والمحجوم» ولم يكونا عالمين بأن الحجامة تفطر، ولم يبلغهما قبل ذلك قوله: «أفطر الحاجم والمحجوم» ولعل الحكم إنما شرع ذلك اليوم؟ فأجابني بما مضمونه: أن الحديث اقتضى أن ذلك الفعل مفطر، وهذا