440 – Accroissement et diminution de la récompense du jeûneur
Ibn Mufliḥ a dit : « La ghîba (médisance) et ce qui lui est assimilé ne rompent pas le jeûne ; tel est le rapport unanime du groupe “W”. Aḥmad déclara également : “Si la médisance annulait le jeûne, nous n’aurions plus de jeûne.” Le shaykh “ʿA” l’a rapporté pour la même raison : d’après le sens littéral du Coran, l’obligation du jeûne consiste à s’abstenir de manger, de boire et d’avoir des rapports conjugaux ; d’après ce sens apparent, le jeûne reste donc valide sauf preuve particulière contraire, comme l’a rappelé l’auteur du Muḥarrar. Quant au ḥadith (1) rapporté par l’imâm Aḥmad et al-Bukhârî, d’après Abû Hurayra : « Quiconque ne délaisse pas la fausseté dans la parole et dans l’action, Allah n’a nul besoin qu’il abandonne sa nourriture et sa boisson », il signifie une admonestation et un avertissement ; il n’ordonne pas à celui qui médit de rompre son jeûne. Cette interdiction vise seulement à le préserver d’une diminution de sa récompense : celle-ci peut en effet croître au point de surpasser la récompense propre au jeûne, ou se réduire, ou encore s’égaler à elle. Notre shaykh a affirmé : sur ce point, il n’existe aucune divergence entre les imâms. ⦗al-Furûʿ 3/65 (5/27)⦘ (2)
441 – Paroles à prononcer lorsqu’un jeûneur est insulté
Ibn Mufliḥ a dit : « Les auteurs [du madhhab] soutiennent qu’il est recommandé à celui qui est injurié de dire : “Innî ṣâʾim” (Je suis en jeûne). Dans ar-Riʿâya, il est précisé qu’il doit le dire intérieurement, c’est-à-dire pour réfréner son propre nafs, sans le faire entendre aux gens afin d’éviter l’ostentation. L’auteur du Muḥarrar adopte cet avis lorsque le jeûne a lieu en dehors de Ramaḍân ; en revanche, durant Ramaḍân, il convient de le prononcer à voix haute, car l’ostentation n’est plus à craindre et cela constitue un reproche pour l’agresseur en lui rappelant la sacralité du moment, laquelle interdit ce comportement. Notre shaykh nous a exposé trois positions : les deux précédentes, et une troisième — qu’il préfère — selon laquelle on le prononce toujours à voix haute, car une parole, par définition, se formule avec la langue. Et Allah, exalté soit-Il, est le plus Savant. ⦗al-Furûʿ 3/66 (5/29)⦘ (3)