même s’il n’a en vue que son propre avantage, cela est blâmé – au même titre que lorsque l’on demande de l’argent –, quand bien même il se pourrait qu’il ne soit pas pécheur. Ainsi (1) l’a exposé notre shaykh, alors que l’apparente teneur des propos d’autres savants va dans le sens contraire, comme le laissent également entendre les récits transmis…
Notre shaykh déclare encore dans les Fatâwâ miṣriyya (2) : « Il n’y a aucun mal à ce que les croyants se demandent réciproquement des prières ; toutefois, les gens éminents le font en ayant l’intention que celui à qui ils enjoignent de prier, lorsqu’il invoque pour eux, reçoive pour cette invocation une récompense plus grande que s’il priait uniquement pour lui-même. (3) »
Il rappelle ensuite la parole du Prophète – paix et salut sur lui : « Lorsqu’un croyant invoque pour son frère en son absence, Allah lui dépêche un ange ; chaque fois qu’il prie pour son frère, l’ange chargé de lui répond : “Âmîn, et que tu obtiennes la même chose.” »
Il mentionne encore ce que le Prophète dit à ʿAlî (que Dieu l’agrée) : « Ô ʿAlî, formule tes invocations de façon générale, car la supériorité du caractère général sur le particulier est comparable à celle du ciel sur la terre », ainsi que ses paroles à ʿUmar (que Dieu l’agrée) : « Ne nous oublie pas, mon frère, dans tes prières. »
Et il conclut : « Les musulmans n’ont jamais cessé de lui demander de prier pour eux. » ⦗al-Furûʿ 2/602-603 (4/319-320)⦘ (4).
(1) Le terme « kadhā » n’apparaît pas dans la 2ᵉ édition ; il figure toutefois dans la 1ʳᵉ édition et dans le manuscrit (p. 120).
(2) Je ne l’ai pas retrouvé.
(3) Cheikh Ibn Saʿdī écrit dans Al-Qawl as-Sadīd (n° 47) : « L’un des signes de la perfection du tawakkul (confiance) du serviteur et de la force de sa certitude est qu’il ne demande rien aux créatures, ni ruqya (incantation) ni autre. S’il doit solliciter quelqu’un, ce sera pour qu’il prie en sa faveur, en veillant à l’intérêt du suppliant et en lui témoignant de la bienveillance en le rendant instrument de cette ʻubudiyya (servitude) envers Dieu, tout en préservant son propre intérêt. Telle est l’une des clés de la réalisation du tawhid (unicité de Dieu) et de ses significations sublimes, dont seuls les plus parfaits des serviteurs peuvent saisir la profondeur et mettre en pratique. »
(4) al-Ikhtiyārāt d’al-Baʿlī, p. 157. Voir aussi : al-Fatāwā (t. 1, p. 78-79, 190-193, 328-329) et Talkhīṣ al-Istighātha (t. 1, p. 219).
قصد نفع نفسه فقد نُهي عنه، كالمال؛ وإن كان قد لا يأثم. كذا (١) ذكره شيخنا، وظاهر كلام غيره خلافه، كما هو ظاهر الأخبار ...
وقال شيخنا أيضًا في «الفتاوى المصرية» (٢): لا بأس بطلب الدعاء بعضهم من بعض، لكن أهل الفضل ينوون بذلك أن الذي يطلبون منه الدعاء إذا دعا لهم كان له من الأجر على دعائه لهم أعظم من أجره لو دعا لنفسه وحدها (٣).
ثم ذكر قوله (عليه السلام): «ما من مؤمن يدعو لأخيه بظهر الغيب، إلا وكّل الله ملكًا، كلما دعا لأخيه بدعوة قال الملك الموكل به: آمين، ولك بمثل»، وقوله (عليه السلام) لعلي (رضي الله عنه): «يا علي، عُمَّ، فإن فضل العموم على الخصوص، كفضل السماء على الأرض»، وقوله لعمر (رضي الله عنه): «لا تنسنا يا أخي من دعائك».
قال: وما زال المسلمون يسألونه الدعاء لهم) [الفروع ٢/ ٦٠٢ ــ ٦٠٣ (٤/ ٣١٩ ــ ٣٢٠)] (٤).
(١) (كذا) ليست في ط ٢، وهي مثبت من ط ١ والنسخة الخطية (ص: ١٢٠).
(٢) لم أقف عليه.
(٣) قال الشيخ ابن سعدي في «القول السديد» (٤٧): (من كمال توكل العبد وقوة يقينه أن لا يسأل أحدا من الخلق لا رقية ولا غيرها، بل ينبغي إذا سأل أحدا أن يدعو له أن يلحظ مصلحة الداعي والإحسان إليه بتسببه لهذه العبودية له مع مصلحة نفسه، وهذا من أسرار تحقيق التوحيد ومعانيه البديعة، التي لا يوفق للتفقه فيها والعمل بها إلا الكمّل من العباد) ا. هـ.
(٤) «الاختيارات» للبعلي (١٥٧)، وانظر: «الفتاوى» (١/ ٧٨ - ٧٩، ١٩٠ - ١٩٣، ٣٢٨ - ٣٢٩)، «تلخيص الاستغاثة» (١/ ٢١٩).