car le ḥadith de Qabîṣa tranche la question ; il suffit donc de s’y tenir. Plusieurs savants, dont notre shaykh, s’appuient sur cet argument. D’après une autre version, trois témoins sont requis pour établir l’insolvabilité ; notre shaykh a jugé cette opinion préférable, le droit des créanciers étant plus impérieux et l’état d’indigence difficile à constater : on se prémunit donc par un troisième témoin. Divers auteurs maintiennent cependant la première position, et l’on ne saurait prouver l’insolvabilité par un seul témoin assorti du serment du débiteur. Notre shaykh conclut : « La question mérite examen. » ⦗al-Furûʿ 2/591 (4/304-305)⦘.
414 – Statut du don fait au mendiant
– Ibn Mufliḥ écrit : « Notre shaykh a dit : donner aux mendiants est une obligation communautaire (farḍ kifâya) lorsqu’ils disent la vérité. C’est à ce propos qu’est rapporté le ḥadith : « S’il est véridique, celui qui le repousse ne prospérera pas. » L’imâm Aḥmad s’est fondé sur ce texte. Il précise : si le mendiant dit : « J’ai faim » et que sa sincérité apparaît, il devient obligatoire de le nourrir ; c’est là le sens du verset : « Et dans leurs biens il y avait un droit pour le mendiant et le déshérité » (s. 51, v. 19). S’il s’avère qu’ils mentent, il n’y a plus d’obligation de leur donner. S’ils demandent d’une manière générale, sans désigner quelqu’un en particulier, il n’est pas obligatoire de leur donner, même s’ils prêtent serment, car l’on n’est tenu d’honorer un serment que lorsqu’il vise une personne déterminée. Le ḥadith cité par notre shaykh vient de la transmission d’Abû Umâma : « N’eût été que les pauvres mentent, celui qui les repousse ne réussirait pas. » Je ne l’ai trouvé ni dans le Musnad ni dans les quatre Sunan, et sa chaîne est faible ; Aḥmad, dans la version rapportée par Muhannâ, a déclaré : « Il n’est pas authentique. » ⦗al-Furûʿ 2/592 (4/307)⦘ (1).
415 – Règle relative à la demande de prière
– Ibn Mufliḥ écrit : « Quiconque sollicite la prière d’autrui pour son propre intérêt ou pour l’intérêt des deux sera récompensé (2), même si… »