Chapitre : Le statut de la copropriété (khulṭa) 392 – Recours du coassocié contre son partenaire lorsque le collecteur prélève, sans motif valable, plus que l’impôt dû. 393 – Les injustices communes : Ibn Mufliḥ a dit : « Si le sâʿî (collecteur) prélève sans justification davantage que ce qui est exigible – par exemple, pour quarante têtes de petit bétail détenues en commun il saisit deux brebis sur le seul patrimoine de l’un des associés, ou, pour trente chameaux, il prélève une jadhʿa (chamelle de quatre ans) – l’associé lésé se retourne alors contre son partenaire : dans le premier cas pour la valeur d’une demi-brebis, dans le second pour la valeur d’une demi *bint makhâḍ* (chamelle d’un an). En effet, ce surplus est une injustice ; il ne lui est donc pas permis de se retourner contre quiconque autre que l’auteur de l’injustice. »
(1) Dans l’édition I : al-jadh‘a ; la leçon retenue est celle de l’édition II. (2) Ibn Qundus écrit dans sa ḥāchiya sur al-Furū‘ : après l’énoncé « puisque l’augmentation est injustice, il n’est pas permis de se retourner contre un non-oppressé… », il précise dans al-Ikhtiyārāt, à la fin du chapitre sur al-ghasb (l’usurpation) : « Celui à qui l’on fait restituer une somme en raison d’un mensonge porté contre lui devant le wali a le droit de réclamer au menteur le montant de sa perte. » L’auteur du traité mentionne ce principe dans la section sur « celui qui détruit un bien sacré » sans relever de dissidence, mais il le rappelle aussi à propos de « celui qui remet la clé à un voleur : il n’est pas responsable ». On peut donc considérer les deux cas comme analogues, même s’il ne l’explicite pas. L’interdiction de se retourner contre un non-oppressé et l’extension du recours au menteur sont d’une grande force, car la règle veut que, lorsqu’il est impossible de poursuivre le principal coupable, on se tourne vers la cause. Ainsi, si l’auteur direct du préjudice ne peut être atteint — comme c’est l’usage auprès des gouverneurs — on saisit la cause, à l’instar de celui qui jette quelqu’un à la mer et qu’un poisson avale, ou le livre à la fosse d’un lion : la cause est alors assimilée à l’acteur direct, de même que celui qui retient un homme pour qu’un tiers le tue peut être puni. Le recours contre le menteur est également dissuasif : en sachant qu’il sera poursuivi, il s’abstiendra et le préjudice sera évité.
باب حكم الخلطة ٣٩٢ - رجوع الشريك على شريكه إذا أخذ الساعي أكثر من المال الواجب بلا تأويل: ٣٩٣ - والمظالم المشتركة: - قال ابن مفلح: (وإن أخذ الساعي أكثر من الواجب بلا تأويل، كأخذه عن أربعين مختلطة شاتين من مال أحدهما، وعن ثلاثين بعيرًا جذعة (١) = رجع على خليطه في الأولى بقيمة نصف شاة، وفي الثانية بقيمة نصف بنت مخاض، لأن الزيادة ظلم، فلا يجوز رجوعه على غير ظالمه «و» (٢).
(١) في ط ١: (الجذعة)، والمثبت من ط ٢. (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (قوله: «لأن الزيادة ظلم، فلا يجوز رجوعه على غير ظالمه ... الخ» قال في «الاختيارات» في آخر باب الغصب: ومن غرم مالا بسبب كذب عليه عند ولي الأمر، فله تغريم الكاذب عليه ما غرمه. وذكره المصنف في فصل من أتلف مالا محترما، ولم يذكر عن أحد خلافه، لكنه ذكر ذلك عند قوله: «ومن دفع مفتاحا إلى لص، لم يضمن» فيحتمل أن كلاّ من المسألتين نظير الأخرى، لكنه لم يصرّح بذلك، وقد ذكر هنا: لا يجوز رجوعه على غير ظالمه، وفي الجملة ما قاله الشيخ من الرجوع على الكاذب عليه، في غاية القوة، لأن القاعدة أن السبب يحال الحكم عليه إذا لم يكن ــ كذا ولعلها: يمكن ــ إحالة الحكم على المباشر، فإذا كان الذي أخذ المال لا يمكن الرجوع عليه، كما هو المعروف من ولاة الأمر يرجع بذلك على السبب، كما قيل فيما إذا ألقى إنسانا في ماء، فابتلعه حوتٌ، أو ألقاه في زبية أسد فقتله، وقالوا: قد يقوى السبب فيصير كالمباشر، كمن أمسك إنسانا لآخر ليقتله، فإن الممسك يقتل على إحدى الروايتين، وفي الرجوع في صورة الكاذب منعٌ لهذه الفعلة التي تقع كثيرا، فإن الكاذب إذا علم أنه يرجع عليه رجع عن فعله، وسدّت هذه المفسدة) ا. هـ.