Livre de la zakât
386 – Date à laquelle la zakât fut rendue obligatoire :
Ibn Mufliḥ déclare : « Les savants se sont divisés : la zakât a-t-elle été prescrite à La Mecque ou à Médine ? Plusieurs versets s’y rapportent. Ils ont notamment divergé au sujet du verset de la sourate adh-Dhâriyât : « Et dans leurs biens se trouve un droit » [adh-Dhâriyât : 19] ; s’agit-il ici de la zakât ? On peut soutenir que oui, eu égard au verset de la sourate al-Maʿârij : « et ceux qui, dans leurs biens, réservent un droit bien déterminé » [al-Maʿârij : 24] ; or ce « droit déterminé » (maʿlûm) n’est autre que la zakât, et non l’aumône surérogatoire.
L’auteur d’al-Mughnî, celui d’al-Muḥarrar, ainsi que notre maître, soutiennent qu’elle est d’institution médinoise. Il est toutefois plausible que l’on entende par là le fait d’en réclamer le versement et l’envoi des collecteurs chargés de la percevoir, opération qui, elle, eut effectivement lieu à Médine. » [al-Furūʿ 2/316 (3/437)] (1).
387 – Condition de la pleine propriété du niṣâb pour que la zakât devienne obligatoire :
Ibn Mufliḥ dit : « On exige, d’une manière générale, que la possession du niṣâb soit complète ; ainsi, il n’y a pas de zakât sur la dette d’affranchissement (kitâba), faute de stabilité – raison pour laquelle il n’est pas valable de s’en porter garant. Selon une autre narration, ce qui atteste qu’il existe ici une divergence, il n’y a pas non plus de zakât sur une créance à terme, ou détenue sur un débiteur insolvable, récalcitrant ou négateur dont on ne peut obtenir le paiement ; pas davantage sur un bien usurpé, volé, retrouvé puis annoncé, sur un objet égaré et récupéré, ni sur ce que l’on a enfoui…"