pratique inconnue des Salaf — l’aumône étant préférable, surtout lorsqu’elle profite à l’intérêt général, par exemple aux récitateurs du Coran et assimilés ⦗1⦘. Plusieurs groupes de savants l’ont d’ailleurs blâmée pour divers motifs ; la récitation à proximité de la tombe est prohibée et les premiers musulmans la considéraient comme une forme de lamentation funèbre. L’auteur a également rappelé le hadith de Jarîr déjà cité ⦗2⦘ ; si cela vaut déjà pour celui qui récite par pure recherche de la récompense (muḥtasib), que dire alors de celui qui le fait contre rémunération ?!
Engager un réciteur afin qu’il dédie ensuite le mérite au défunt est une innovation : les Salaf ne l’ont jamais pratiquée, les imams ne l’ont pas recommandée, et les juristes ont déjà divergé sur la licéité de rémunérer l’enseignement coranique. Quant au paiement d’un lecteur pour qu’il récite puis offre la récompense, je ne connais personne qui l’ait autorisé ; il n’en découle aucune rétribution et rien n’atteint le mort, ont statué les savants.
Il ajouta : « Un tel legs n’est pas exécutoire. Consacrer un waqf au profit des lecteurs et des savants est, de l’avis unanime, préférable à le réserver à cette pratique ; l’initiateur du waqf reçoit la même récompense que l’exécutant, conformément à la parole du Prophète ﷺ : “Quiconque ravive une sunna des miennes qui aura été abandonnée après moi obtient sa récompense et celle de tous ceux qui la mettront en œuvre jusqu’au Jour de la Résurrection, sans que leurs mérites n’en soient diminués.” Car il œuvre ainsi en faveur de sa sunna. »
Il dit encore : « Dédier un waqf aux tombes est une innovation. »
Et il précisa : « Cette pratique présente certes l’avantage d’encourager la préservation et la récitation du Coran, mais elle comporte aussi des méfaits : réciter pour autre qu’Allah, détourner le lecteur de la récitation légiférée et en faire un gagne-pain. Dès qu’il est possible d’obtenir ledit avantage sans cette pratique, il devient obligatoire de l’interdire et de l’abolir. »
La validité de l’offrande du mérite de la récitation dépend de la question plus générale de l’offrande du mérite d’un acte cultuel corporel ; quant à celui qui n’