378 – Dédier le mérite d’une œuvre au défunt ; 379 – et le dédier au Prophète ﷺ : – Ibn al-Qayyim a dit : « Un autre groupe a affirmé que le Coran n’a pas nié que l’homme puisse tirer profit de l’effort fourni par autrui ; il a seulement nié qu’il en soit propriétaire. La distinction entre ces deux points est manifeste. Le Très-Haut a donc indiqué que nul ne possède réellement que son propre effort, tandis que l’effort d’autrui appartient à celui qui l’a accompli ; libre à lui d’en faire don à qui il veut ou de le conserver pour lui-même. Or, le Très-Haut n’a pas dit : “il ne profite que de ce qu’il a lui-même accompli”. Telle était la voie que notre shaykh retenait et considérait comme la plus juste. » ⦗Ar-Rûḥ 320⦘. – Ibn Muflih rapporte : « Notre shaykh disait : il n’était pas dans la pratique des pieux prédécesseurs de dédier ainsi la récompense de leurs œuvres aux défunts musulmans ; ils se contentaient plutôt d’invoquer en leur faveur. Il ne convient donc pas de s’écarter de leur voie. C’est pourquoi notre shaykh n’a pas estimé cela recevable pour ceux qui reçoivent déjà une récompense équivalente à celle de l’auteur de l’acte, tels le Prophète ﷺ ou l’enseignant du bien, à la différence des parents : ceux-ci ont certes une récompense, mais elle n’est pas comparable à celle de l’enfant. En effet, l’auteur de l’œuvre est récompensé pour le simple fait de l’offrir, si bien qu’il obtient, lui aussi, la même part. Si l’on autorise cette dédicace, alors allons-y sans limite : la récompense d’une seule œuvre se répercuterait à l’infini (1) ; et si on ne l’autorise pas, quelle différence y aurait-il entre une action et une autre (2) ? Et si l’on objecte : “Son mérite reviendra deux fois au bénéficiaire et il n’en restera rien pour l’auteur”, sachez qu’Allah n’a pas légiféré que l’on fasse profiter autrui dans l’au-delà sans (3) tirer soi-même un bénéfice dans les deux demeures,
(1) À l’édition 1 : « wayatasalsal » (et « se succède »), présent également dans l’édition 2. (2) Ibn Qundus, dans sa Hachiya sur al-Furuʿ, écrit : « C’est-à-dire : si l’on objecte qu’il est permis d’offrir la première œuvre en cadeau, mais non la seconde, quelle est la différence entre elles ? » Fin de citation. (3) À l’édition 1 : « wa-la » (« et non »), présent également dans l’édition 2.
٣٧٨ - إهداء العمل للميت: ٣٧٩ - وإهداؤه للنبي ﷺ: - قال ابن القيم: (وقالت طائفة أخرى: القرآن لم ينف انتفاع الرجل بسعي غيره، وإنما نفى ملكه لغير سعيه، وبين الأمرين من الفرق ما لا يخفى، فأخبر (سبحانه وتعالى) أنه لا يملك إلا سعيه، وأما سعي غيره فهو ملك لساعيه، فإن شاء أن يبذله لغيره، وإن شاء أن يبقيه لنفسه، وهو (سبحانه وتعالى) لم يقل: لا ينتفع إلا بما سعى، وكان شيخنا يختار هذه الطريقة ويرجِّحها) [الروح ٣٢٠]. - وقال ابن مفلح: (وقال شيخنا: لم يكن من عادة السلف إهداء ذلك إلى موتى المسلمين، بل كانوا يدعون لهم، فلا ينبغي الخروج عنهم. ولهذا لم يره شيخنا لمن له كأجر العامل، كالنبي ﷺ ومعلم الخير، بخلاف الوالد، لأن له أجرًا لا كأجر الولد، لأن العامل يثاب على إهدائه، فيكون له أيضًا مثله، فإن جاز إهداؤه فهلم جرًّا، وتسلسل (١) ثواب العمل الواحد ــ وإن لم يجز ــ فما الفرق بين عمل وعمل (٢)؟ وإن قيل: يحصل ثوابه مرتين للمهدى إليه، ولا يبقى للعامل ثواب، فلم يشرع الله لأحد أن ينفع غيره في الآخرة بلا (٣) منفعة له في الدارين،
(١) في ط ١: (ويتسلسل)، والمثبت من ط ٢. (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (يعني: إن قيل: يجوز إهداء العمل الأول، ولم يجز إهداء الثاني، فما الفرق بينهما؟) ا. هـ. (٣) في ط ١: (ولا)، والمثبت من ط ٢.