370 – Du tort causé au défunt par les pleurs du vivant
– Ibn al-Qayyim a dit : « … Ces hadiths(1) n’exigent aucune interprétation forcée ; – louange à Allah – ils ne présentent ni ambiguïté, ni opposition au sens apparent du Coran, ni contradiction avec un principe de la šarîʿa, et ils n’impliquent pas qu’une personne soit sanctionnée pour la faute d’autrui. En effet, le Prophète ﷺ n’a pas dit que le mort est puni par les pleurs et les lamentations de sa famille ; il a seulement affirmé qu’il est tourmenté par cela. Or, il ne fait aucun doute que ces lamentations le peinent et le font souffrir. Le mot « châtiment » (ʿadhâb) désigne ici la douleur qui l’atteint ; il est plus général que la sanction (ʿiqâb), et le plus général n’implique pas forcément le plus spécifique.
Le Prophète ﷺ a d’ailleurs déclaré : « Le voyage est une parcelle de tourment. » Ce tourment atteint aussi bien le croyant que le mécréant. Il arrive même que le mort souffre de la punition infligée, dans la tombe voisine, à un autre défunt, et qu’il en soit incommodé, tout comme un homme, en ce monde, est peiné lorsqu’il voit son voisin châtié.
Ainsi, lorsque la famille du défunt se livre au pleur interdit – c’est-à-dire à la lamentation (niyâha) pratiquée à l’époque pré-islamique ; parmi eux, l’expression « pleurer le mort » renvoyait précisément à cette forme de lamentation, bien connue dans leur poésie et leur prose –, le mort en éprouve de la douleur dans sa tombe. Cette douleur constitue son tourment provoqué par leurs pleurs.
Telle est, relativement à ces hadiths, la voie suivie par notre shaykh. Allah accorde la réussite. ⦗ʿUddat al-ṣâbirîn 139⦘
– Ibn Mufliḥ a dit : « Les traditions dont l’authenticité fait l’unanimité affirment que le mort est tourmenté par la lamentation et les pleurs qu’on fait sur lui. Ibn Ḥâmid a restreint cela à celui(2) qui en a donné la consigne, car … »
(1) C’est-à-dire : les ahadith suivants : « Le défunt subit un châtiment du fait des pleurs de ses proches sur lui. »
(2) Dans la première édition : « ala ma idha », lecture confirmée par la seconde édition et le manuscrit (p. 98). En marge, l’éditeur signale qu’une copie porte « ma idha ».
٣٧٠ - تأذي الميت ببكاء الحي:
- قال ابن القيم: ( ... ولا تحتاج هذه الأحاديث (١) إلى شيء من هذه التكلفات، وليس فيها بحمد الله إشكال، ولا مخالفة لظاهر القرآن، ولا لقاعدة من قواعد الشرع، ولا تتضمن عقوبة الإنسان بذنب غيره، فإن النبي ﷺ لم يقل: إن الميت يعاقب ببكاء أهله عليه ونوحهم، وإنما قال: يعذب بذلك. ولا ريب أن ذلك يؤلمه ويعذبه، والعذاب: هو الألم الذي يحصل له، وهو أعم من العقاب، والأعم لا يستلزم الأخص.
وقد قال ﷺ: «السفر قطعة من العذاب» وهذا العذاب: يحصل للمؤمن والكافر، حتى إن الميت ليتألم بمن يعاقب في قبره في جواره، ويتأذى بذلك، كما يتأذى الإنسان في الدنيا بما يشاهده من عقوبة جاره.
فإذا بكى أهل الميت عليه البكاء المحرم ــ وهو البكاء الذي كان أهل الجاهلية يفعلونه، والبكاء على الميت عندهم اسم لذلك، وهو معروف في نظمهم ونثرهم ــ: تألم الميت بذلك في قبره، فهذا التألم: هو عذابه بالبكاء عليه.
وهذه طريقة شيخنا في هذه الأحاديث، وبالله التوفيق) [عدة الصابرين ١٣٩].
- وقال ابن مفلح: (وجاءت الأخبار المتفق على صحتها: بتعذيب الميت بالنياحة والبكاء عليه. فحمله ابن حامد: على من (٢) أوصى به؛ لأن
(١) أي: أحاديث: «إن الميت ليعذب ببكاء أهله عليه».
(٢) في ط ١: (على ما إذا)، والمثبت من ط ٢ والنسخة الخطية (ص: ٩٨)، وأشار في هامشها إلى أنه وقع في نسخة: (ما إذا).