– Ibn Mufliḥ a dit : « Il est interdit d’être satisfait de l’acte de mécréance ou de désobéissance qu’un serviteur accomplit. Ibn ʿAqîl l’a mentionné comme un consensus. Notre maître a toutefois rapporté une autre opinion : que l’on puisse (1) en éprouver de l’agrément, au motif que ces actes relèvent du décret divin. On a encore avancé qu’il conviendrait de les agréer en tant qu’ils sont une création d’Allah, non en tant qu’ils constituent l’acte du serviteur (2). Il poursuit : « Beaucoup d’ascètes, de soufis et de théologiens, sachant qu’Allah est le Créateur et le Seigneur de toute chose, ont cru que cela imposait d’aimer et d’agréer toute chose, au point de tomber dans la parole des polythéistes : « Si Allah avait voulu, nous ne Lui aurions rien associé » (sourate al-Anʿâm, 148). Ils ont négligé le fait que le Créateur a pourtant interdit ces actes et les déteste. La cause de leur erreur réside dans la confusion entre la Loi révélée (*sharʿ*) et la prédestination (*qadar*). Ils s’appuient sur le prétendu consensus selon lequel il faut agréer le décret d’Allah ; mais cette formule vague sert de refuge aux *qadariyya* polythéistes, tandis que les *qadariyya* zoroastriens ont nié qu’Allah l’ait voulu et décrété, faute de quoi ils auraient dû l’agréer (3). Or, agréer la mécréance constitue, d’après l’unanimité des savants, un acte de mécréance. »
(1) Dans l’édition 1, on lit «ne l’agrée pas», alors que l’édition 2 et la copie manuscrite (p. 97) proposent la lecture inverse ; toutefois, en marge de celle-ci, l’éditeur signale qu’une autre copie porte également «ne l’agrée pas». Ibn Qundus, dans sa Hachiya ‘ala al-Furu’ (note marginale sur Les Branches du droit), précise : «Dans certaines copies, on trouve : “lecture : ne l’agrée pas”, et dans d’autres : “agrée”, par suppression du “ne”, ce qui correspond à la raison qui suit – “parce que cela relève de ce qui est décrété” –. Cette lecture rejoint la première opinion rapportée par de nombreux ascètes et soufis parmi les mutakallimun ; pour eux, Dieu, créateur de toute chose et Seigneur de l’univers, suscite nécessairement l’agrément et l’amour de tout ce qu’Il a décrété. Le cheikh blâme cependant ceux qui soutiennent cette position.» (2) Voir : al-Fatawa (t. 10, p. 42). (3) Dans l’édition 1, on lit «l’agrément de tout ce qui est décrété», lecture reprise dans l’édition 2. En revanche, ce segment est omis d’une ligne dans la copie manuscrite (p. 97).
- وقال ابن مفلح: (ويحرم الرضا بما فعله العبد من كفر ومعصية، ذكره ابن عقيل إجماعًا، وذكر شيخنا وجهًا: يرضى (١) بذلك، لأنها من المقضي، قال: وقيل: يرضى بها من وجه كونها خلقًا لله، لا من جهة كونها فعلا للعبد (٢). قال: وكثير من النساك والصوفية ومن أهل الكلام حيث رأوا أن الله خالق كل شيء وربه= اعتقدوا أن ذلك يوجب الرضا والمحبة لكلِّ ذلك، حتى وقعوا في قول المشركين: ﴿لَوْ شَاءَ اللَّهُ مَا أَشْرَكْنَا﴾ [الأنعام: ١٤٨] الآية، وغفلوا عن كون الخالق نهى عن ذلك وأبغضه، وسبب ذلك: اشتباه مسألة الشرع والقدر، ويتمسكون بالإجماع على الرضا بقضاء الله، وهذا كلام مجمل يتمسك به القدرية المشركيّة، وأمَّا القدرية المجوسيّة فنفوا أن الله قدّره وقضاه، وإلا للزم الرضا به (٣)، والرضا بالكفر كفر بالإجماع.
(١) في ط ١: (لا يرضى)، والمثبت من ط ٢ والنسخة الخطية (ص: ٩٧)، ولكنه أشار في هامشها إلى أنه وقع في نسخة (لا يرضى). وقال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (في بعض النسخ: «وجها: لا يرضى»، وفي بعضها: «يرضى» بحذف «لا»، وهو الموافق للتعليل الذي بعده، وهو قوله: «لأنه من المقضي»، وعلى هذا يكون هذا الوجه موافقا للقول الأول الذي حكاه عن كثير من النساك والصوفية من أهل الكلام، حيث رأوا أن الله تعالى خالق كل شيء وربه، اعتقدوا أن ذلك يوجب الرضى والمحبة بكل ذلك، وقد ذم الشيخ أهل هذا القول) ا. هـ. (٢) انظر: «الفتاوى» (١٠/ ٤٢). (٣) في ط ١: (الرضا بكل مقضي به)، والمثبت من ط ٢، ووقع هنا سقط في النسخة الخطية (ص: ٩٧) بمقدار سطر.