ni dans la Sharîʿa, qu’on se place dans la première ou la seconde opinion. En effet, les limites légales à prendre en considération dans ce cas se ramènent à trois approches :
1) On peut retenir les distances qui ouvrent droit aux dispenses cultuelles applicables au voyage, qu’il soit long ou court — telles que la prière sur la monture à titre surérogatoire, le tayammum, ou, selon un avis, le regroupement de deux prières. Il faut alors que la personne se soit suffisamment séparée de la ville pour que le déplacement soit qualifié de voyage. Un groupe de juristes, parmi lesquels le Qâḍî Abû Yaʿlâ, a néanmoins estimé que cinquante pas suffisent.
2) Autre possibilité : prendre pour critère la distance à partir de laquelle la prière du vendredi devient obligatoire, soit un farsakh (environ cinq kilomètres), c’est-à-dire l’endroit d’où l’on perçoit l’appel à la prière. C’est la limite la plus proche et la plus plausible : si le défunt se trouve à moins d’un farsakh, de sorte qu’il entend l’adhân et qu’il est tenu d’assister au jumuʿa, il appartient encore aux gens de la ville et n’est donc pas tenu pour absent ; au-delà, il ressemble davantage à l’absent.
3) On peut enfin fixer la limite au point d’où celui qui s’y rend ne pourrait plus rentrer chez lui le même jour. Cette opinion rejoint celle qui assimile l’absent de la ville à l’absent d’une audience judiciaire ; et il est plus cohérent de comparer la prière à une autre prière que de la comparer à un acte judiciaire.
Tels sont les principes sur lesquels repose cette question…
Shaykh Taqî al-Dîn Ibn Taymiyya a dit : « La pratique de certains, qui consiste à célébrer chaque nuit une prière pour tous les musulmans décédés, est sans conteste une innovation ; aucun des pieux prédécesseurs ne l’a accomplie. »
À propos de l’expression « les deux côtés de la ville » (1), Shaykh Taqî al-Dîn précise : parmi les shâfiʿites et les hanbalites qui autorisent cette prière, les chercheurs les plus rigoureux restreignent le terme « ville » aux grandes agglomérations, tandis que d’autres l’emploient sans le qualifier.
(1) Il s’agit de l’avis de l’auteur d’al-Muḥarrar : « Si l’on accomplit la prière funéraire en ayant l’intention de la diriger vers un défunt situé d’un côté de la ville, alors que son corps se trouve dans l’autre, la prière n’est pas valable. » Ibn Hamed, pour sa part, juge qu’elle est valable.
له في الشريعة في المذهبين، إذ الحدود الشرعية في مثل هذا:
إما أن تكون العبادات التي تجوز في السفر الطويل والقصير، كالتطوع على الراحلة والتيمم والجمع بين الصلاتين على قول، فلا بد أن يكون منفصلا عن البلد بما يعد الذهاب إليه نوع سفر، وقد قال طائفة ــ كالقاضي أبي يعلى ــ: إنه يكفي خمسون خطوة.
وإما أن يكون الحد ما تجب فيه الجمعة، وهو مسافة فرسخ، وما سمع منه النداء، وهذا أقرب الحدود، فإنه إذا كان دون فرسخ حيث يسمع النداء ويجب عليه حضور الجمعة كان من أهل الصلاة في البلد، فلا يعد غائبا عنها، بخلاف ما إذا كان فوق ذلك، فإنه بالغائب أشبه.
وإما أن يكون الحد ما لا يمكن الذاهب إليه العود في يومه، وهذا يناسب قول من جعل الغائب عن البلد كالغائب عن مجلس الحكم، وإلحاق الصلاة بالصلاة أولى من إلحاق الصلاة بالحكم.
فهذه هي المآخذ التي تبنى عليها هذه المسألة ....
وقال الشيخ تقي الدين ابن تيمية: ما يفعله بعض الناس أنه كل ليلة يصلي على جميع من مات من المسلمين، فلا ريب أنه بدعة، لم يفعله أحد من السلف.
قوله: «جانبي البلد» (١) قال الشيخ تقي الدين: القائلون بالجواز من الشافعية والحنابلة قيد محققوهم البلد بالكبير، ومنهم من أطلق ولم يقيد)
(١) أي قول صاحب «المحرر»: (فإن صلى بالنية في أحد جانبي البلد على ميت بالآخر لم يجز، وقال ابن حامد: يجوز).