– Ibn Mufliḥ a dit : « L’imâm, comme n’importe quel fidèle – ainsi l’a explicitement stipulé l’Imâm Aḥmad – peut célébrer la prière funéraire pour le défunt absent de la ville, qu’il se trouve à une *masâfat qaṣr* (distance permettant de raccourcir la prière) ou à une distance inférieure, qu’il se tienne dans la direction de la qibla ou derrière elle, pourvu qu’il formule l’intention. D’après une autre version, cela n’est pas permis ; on a encore dit : on ne la célèbre pas s’il a déjà bénéficié d’une prière funéraire, et c’est l’avis retenu par notre shaykh.
Notre shaykh ajoute : « On ne prie pas chaque jour pour tout défunt absent, car cela n’a pas été rapporté. » Cette réserve est étayée par la parole d’Aḥmad : « Lorsqu’un homme pieux meurt, on prie pour lui. » (1) Il invoque également l’épisode du Négus, et – Allah sait mieux – la formulation générale des auteurs du madhhab ne s’y oppose pas.
Il poursuit : « Le sens littéral des termes laisserait entendre qu’on prie pour toute personne se trouvant hors de l’enceinte de la ville, ou de ce qu’on pourrait considérer comme tel ; or cela n’a aucun fondement : il faut que le défunt soit séparé de la localité par une distance telle que s’y rendre constitue déjà une forme de voyage. »
Le Qâḍî a déclaré : « Cinquante pas suffisent. »
Notre shaykh commente : « La limite la plus plausible est celle à partir de laquelle la prière du vendredi devient obligatoire ; en deçà, le défunt est encore compté parmi les habitants de la ville, il n’est donc pas considéré comme absent. » ⦗Al-Furûʿ 2/251-252 (3/353-354)⦘.
– Il a encore dit : « Le shaykh Taqî al-Dîn et le shaykh Shams al-Dîn Ibn ʿAbd al-Qawî estiment que, si aucun musulman ne se trouve auprès du défunt absent pour accomplir la prière funéraire, celle-ci devient obligatoire. Ils emploient le terme “absence” de façon absolue, et leurs propos donnent à comprendre que cela vaut pour toute personne placée hors de la ville, qu’elle soit à une *masâfat qaṣr* ou à une distance moindre ; c’est l’opinion explicitement rapportée et confirmée par plusieurs autorités.
Shaykh Taqî al-Dîn dit encore : « Le sens apparent des termes est que toute personne située à l’extérieur des remparts, ou de ce qui en tient lieu, fait l’objet de cette prière, contrairement à celle qui se trouve à l’intérieur ; mais cela n’a pas de fondement… »
(1) Dans sa Hâchiyya ‘alâ al-Furu‘, Ibn Qundus note : « Parce qu’Aḥmad, en le restreignant à l’homme vertueux (ar-rajul as-salih), montre qu’il ne doit pas être prescrit de manière absolue, mais seulement sous cette condition de vertu . » Fin de citation.
- وقال ابن مفلح: (ويصلي الإمام والآحاد ــ نصَّ عليه ــ على الغائب عن البلد مسافة قصر ودونها، في قبلته أو وراءه بالنية. وعنه: لا يجوز «و: هـ م»، وقيل: إن كان صُلِّي عليه، واختاره شيخنا.
قال شيخنا: ولا يُصلِّي كلَّ يوم على كلِّ غائب، لأنه لم ينقل. يؤيده قول أحمد: إن مات رجل صالح صُلِّي عليه (١). واحتج بقصة النجاشي، وإطلاق كلام الأصحاب ــ والله أعلم ــ لا يخالفه.
قال: ومقتضى اللفظ أن من كان خارج السور، أو ما يقدَّر سورًا يصلَّى عليه، لكن هذا لا أصل له، فلا بد من انفصاله عن البلد بما يُعَدُّ الذهاب إليه نوع سفر.
وقد قال القاضي: يكفي خمسون خطوة.
قال شيخنا: وأقرب الحدود ما تجب فيه الجمعة، لأنه إذن من أهل الصلاة في البلد، فلا يُعَدُّ غائبًا عنها) [الفروع ٢/ ٢٥١ ــ ٢٥٢ (٣/ ٣٥٣ ــ ٣٥٤)].
- وقال أيضًا: (واختار الشيخ تقي الدين والشيخ شمس الدين ابن عبد القوي أنه إن لم يحضر الغائب من يصلي عليه وجبت الصلاة عليه، وأطلق الغيبة، وظاهره أنه من كان خارج البلد سواء كان مسافة قصر أو دونها، نص عليه، وصرح به جماعة.
وقال الشيخ تقي الدين: مقتضى اللفظ أن من كان خارج السور أو خارج ما يقدر سورا= يصلى عليه، بخلاف من كان داخله، لكن هذا لا أصل
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (لأن أحمد لما قيّد بالرجل الصالح دلّ أنّه لا يصلّى مطلقا، بل مع قيد الصلاح) ا. هـ.