Voyez également le n° 472.
231 – Accomplir une œuvre bonne en soi par la seule affection qu’on lui porte :
Ibn Muflih rapporte :
« Notre Maître a dit : Celui qui accomplit cet acte (1), ou tout autre qui est un bien en soi, par amour pour lui – non par recherche de l’agrément d’Allah, ni pour quelque prétendu associé – n’est pas blâmable. Mieux encore, il peut être gratifié de diverses récompenses : soit par une augmentation de cette œuvre et de ses semblables, jouissance dont il profite ici-bas ; car si toute bonne action accomplie sans intention pour Allah était répréhensible, l’infidèle ne goûterait pas, dans ce monde, le fruit de ses bonnes œuvres ; celles-ci compteraient alors comme des fautes. Parmi les bénéfices et les récompenses qu’il obtient déjà dans cette vie figure aussi le fait qu’Allah le guide, grâce à cette même œuvre, à se rapprocher de Lui.
Tel est le sens de la parole de certains : “Nous avons recherché la science pour autre qu’Allah, mais elle a refusé de demeurer autre qu’entièrement pour Allah”, et de l’autre parole : “Leur quête même est une intention”, c’est-à-dire que l’acte même de chercher la science est une bonne action qui les avantage.
On a tenu ces propos à propos de la science, parce qu’elle est le guide et l’indicateur : celui qui la recherche par amour pour elle et l’obtient, celle-ci lui fait découvrir la sincérité ; or la sincérité ne se réalise que par la science. Si donc la science ne pouvait être recherchée qu’avec une intention parfaitement sincère, on tomberait dans le cercle vicieux. C’est sur ce principe qu’Aḥmad (2) a rapporté ce qui suit ; tel est l’état des âmes louables. De là encore la parole de Khadija au Prophète ﷺ : “Jamais, par Allah, Allah ne te couvrira d’ignominie.” Elle avait compris qu’une âme naturellement portée à aimer le bien et à le pratiquer ne sera pas livrée par Allah à ce qui lui est contraire. »