qu’il en émane quoi que ce soit ; car l’autre n’a pas d’existence propre, et Lui n’a pas agi de façon indépendante ; de même, ici, Il n’a pas été seul dans l’intention, et l’intention d’autrui ne lui profite en rien. Les exemples en sont nombreux, tant dans les prescriptions religieuses que dans les réalités sensibles : chaque fois qu’on mêle à ce qui est utile un élément nocif, on le corrompt, comme lorsqu’on mélange de l’eau au vin.
Pour éclairer cela, supposons que quelqu’un demande à Allah quelque chose en disant : « Ô Allah, accomplis telle chose, Toi et un autre », ou qu’il invoque Allah et une créature en disant : « Accomplissez, tous les deux, telle chose. » Une telle requête est impossible, car nul autre ne Le partage dans Son action ; et, dans cette hypothèse, Il ne serait plus l’Auteur de l’acte, puisque la simple supposition de l’existence d’un associé empêche qu’Il en soit également l’Auteur. Or, si cette impossibilité vaut déjà pour l’invocation et la demande, elle vaut, à plus forte raison, pour l’adoration et l’œuvre : celles-ci ne sauraient être vouées à la fois à Lui et à un autre.
Les juristes de l’école ont de plus mentionné, au sujet de celui qui accomplit le pèlerinage moyennant salaire, qu’il n’est pas permis d’associer quiconque dans l’adoration : dès lors qu’il l’exécute afin de percevoir une rétribution, elle cesse d’être une adoration et, partant, n’est pas valide. Notre Maître s’est appuyé sur cela pour la récitation du Coran en faveur d’un défunt contre paiement, comme on le verra plus loin (1). [Al-Furūʿ 1/496 (2/299)] (2).