Abû Hurayra, un ḥadith de même teneur, assorti d’une chaîne jugée bonne, à l’exception du passage relatif au mérite de « regarder » (1). On y lit encore : « Il n’est pas licite à un homme qui croit en Allah et au Jour dernier de conduire un groupe sans leur permission. » L’interdiction vise ici le moment de l’invocation qui suit aussitôt la prière qu’il vient d’accomplir avec eux, ainsi que l’a mentionné al-Ghunya. Notre shaykh a précisé qu’il s’agit de la supplication sur laquelle on prononce Âmîn, telle que celle du qunût ; en effet, lorsque le fidèle répond par Âmîn, il devient lui-même implorant. Le Très-Haut dit à Moïse et à Aaron : « Votre invocation a été exaucée » (Yûnus, 89), alors que l’un priait et que l’autre disait Âmîn. Si donc le fidèle prononce Âmîn, c’est parce qu’il est convaincu que l’imâm invoque pour eux deux ; si tel n’est pas le cas, l’imâm a trahi le fidèle (al-Furûʿ 1/455-456 [2/232-233]) (2).
203 – Manière de lever les mains dans la demande de pluie.
204 – Distinction entre l’invocation de crainte (rahba) et les autres.
Ibn Mufliḥ a dit : « Parmi les règles de bienséance de l’invocation […] le fait de lever les deux mains et d’en tourner les dos vers son visage. Al-Hâkim et Aḥmad l’ont rapporté par la chaîne Yazîd – Ḥammâd – Thâbit – Anas : lorsque le Prophète ﷺ invoquait, il orientait le dos de ses paumes vers son visage et leur intérieur vers la terre. Le ḥadith est authentique, et l’on doit comprendre qu’il procédait ainsi de temps à autre, car Abû Dâwûd rapporte également de lui (3) : « Je l’ai vu ﷺ invoquer ainsi, en orientant tout à la fois l’intérieur et l’extérieur de ses paumes. » D’aucuns (4) réservent ce geste à la prière pour la pluie ; c’est d’ailleurs l’explication retenue par notre shaykh.
(1) L’expression illa fadl al-nazar est absente de l’édition 1 et attestée dans l’édition 2. La lecture la plus exacte serait probablement fa‘l al-nazar ; Dieu sait le mieux.
(2) Fatawa (t. 23, p. 118) ; al-Ikhtiyarat d’al-Ba‘li (p. 85-86).
(3) Dans l’édition 1 : wa ‘anhu, corrigé dans l’édition 2.
(4) Dans l’édition 1 : wa, corrigé dans l’édition 2.
أبي هريرة معناه بإسناد حسن، إلا فضل النظر (١)، وفيه: «ولا يحل لرجل يؤمن بالله واليوم الآخر أن يؤمّ قوما إلا بإذنهم» والمراد وقت الدعاء عقيب الصلاة بهم، ذكره في «الغنية»، قال شيخنا: المراد به الدعاء الذي يؤمّن عليه، كدعاء القنوت، فإن المأموم إذا أمّن كان داعيا، قال تعالى لموسى وهارون: ﴿قَالَ قَدْ أُجِيبَتْ دَعْوَتُكُمَا﴾ [يونس: ٨٩]، وكان أحدهما يدعو والآخر يؤمّن، فإن المأموم إنما أمّن لاعتقاده أن الإمام يدعو لهما، فإن لم يفعل فقد خان الإمامُ المأمومَ) [الفروع ١/ ٤٥٥ ــ ٤٥٦ (٢/ ٢٣٢ ــ ٢٣٣)] (٢).
٢٠٣ - كيفية رفع اليدين في دعاء الاستسقاء:
٢٠٤ - والتفريق بين دعاء الرهبة وغيره:
- قال ابن مفلح: (ومن آداب الدعاء .... ورفع يديه، وجعل ظهورهما مما يلي وجهه، وقد رواه الحاكم ولأحمد عن يزيد عن حماد عن ثابت عن أنس أنه (عليه السلام) كان إذا دعا جعل ظاهر كفيه مما يلي وجهه، وباطنهما مما يلي الأرض. حديث صحيح، ومراده: أحيانا، لرواية أبي داود عنه (٣): رأيته (عليه السلام) يدعو هكذا بباطن كفّيه وظاهرهما.
أو (٤) في الاستسقاء، وهو ظاهر كلام شيخنا.
(١) قوله: (إلا فضل النظر) غير موجود في ط ١، وهو مثبت من ط ٢، ولعل الصواب: (فعل النظر)، والله أعلم.
(٢) «الفتاوى» (٢٣/ ١١٨)، «الاختيارات» للبعلي (٨٥ - ٨٦).
(٣) في ط ١: (وعنه)، والمثبت من ط ٢.
(٤) في ط ١: (و)، والمثبت من ط ٢.