durant ces deux prières, si bien que l’assemblée ponctue l’invocation en prononçant « Âmîn ». L’avis le plus fondé est cependant qu’il en va de même pour les autres prières : telle est la conclusion sans réserve de l’auteur du Muḥarrar et d’autres encore. Notre shaykh, pour sa part, n’en a pas considéré la recommandation après aucune prière, sauf en cas de nécessité conjoncturelle – telle qu’une demande de pluie ou une imploration de victoire – et il ajouta : « Pas davantage les quatre imâms ». [al-Furûʿ 1/454 (2/231-232)] (1).
202 – Le fait que l’imâm réserve l’invocation à sa seule personne
– Ibn al-Qayyim écrit : « L’imâm Aḥmad – qu’Allah lui fasse miséricorde – et les auteurs des Sunan ont rapporté, d’après Thawbân, que le Prophète ﷺ a dit : “Qu’un serviteur ne dirige jamais un groupe puis n’exclusivement s’adresse l’invocation qu’à lui-même ; s’il le fait, il les a trahis…”
J’ai entendu Shaykh al-Islâm Ibn Taymiyya dire : À mon sens, ce ḥadith concerne l’invocation que l’imâm formule pour lui-même et pour les fidèles, et à laquelle ceux-ci s’associent, comme l’invocation du qunût et assimilées. Allah est plus savant. » [Zâd al-Maʿâd 1/264].
– Ibn Mufliḥ poursuit : « Selon les textes reçus, il n’est pas blâmable que l’imâm se réserve une invocation, bien qu’une possibilité d’interdiction existe. Dans al-Ghunya, on lit : “il les a trahis”, en écho au ḥadith de Thawbân : “Trois choses ne sont licites à personne : qu’un homme dirige un groupe puis s’approprie l’invocation en les en excluant, car s’il le fait il les a trahis ; qu’il jette un coup d’œil au fond d’une maison avant d’y avoir été autorisé, car s’il le fait il y est déjà entré ; et qu’il prie alors qu’il retient ses besoins jusqu’à se soulager.”
Son isnâd est jugé bon ; Abû Dâwûd et at-Tirmidhî l’ont rapporté et le tiennent pour ḥasan, par la voie d’Ismâʿîl b. ʿAyyâsh, d’après Ḥabîb b. Ṣâliḥ al-Ḥimṣî. Ibn Mâjah a également transmis la version mentionnant le mérite (2) de l’invocation par la chaîne de Baqiyya d’après Ḥabîb, et Abû Dâwûd rapporte encore, d’après