même sans recourir à cette langue, comme on le fait lorsqu’on traduit la profession de foi.
183 – Classement des versets et des sourates
Ibn Mufliḥ rapporte : « D’après notre shaykh, l’ordre des versets est obligatoire, car leur disposition a été fixée par un texte révélé ; en revanche, l’agencement des sourates repose sur l’effort d’interprétation et non sur un texte, selon la majorité des savants, notamment les mâlikites et les shâfiʿites. Notre shaykh en déduit qu’il est donc permis de réciter telle sourate avant telle autre, et de les disposer ainsi à l’écrit ; c’est d’ailleurs pour cette raison que les codex des Compagnons, qu’Allah les agrée, différaient quant à leur ordre. Toutefois, lorsque tous se sont accordés, sous le califat de ʿUthmân, sur un mushaf unifié, cela est devenu une sunna instituée par les califes bien-guidés, et le ḥadith montre qu’ils ont une sunna qu’il faut suivre. »
184 – Le sens du mot ḥarf dans le ḥadith sur le mérite de la récitation du Coran
Ibn Mufliḥ dit : « S’il se trouve dans la récitation un ḥarf supplémentaire – par exemple entre : “fa-azallahumâ” et “wa-azalahumâ”, ou entre : “waṣṣâ” et “awṣâ” –, cette variante est préférable, car elle rapporte dix bonnes actions ; c’est ce qu’a transmis Ḥarb. Notre shaykh, quant à lui, opte pour l’avis selon lequel le terme ḥarf désigne ici “le mot”. »
185 – Réciter d’après une version différente du muṣḥaf bien qu’authentifiée
Ibn Mufliḥ écrit : « Il est déconseillé de réciter selon une leçon qui contredit le muṣḥaf, même si sa chaîne de transmission est authentique ; telle est la position explicitée. Selon une autre narration, la récitation reste valable, puisque les Compagnons ont prié les uns derrière les autres. Notre shaykh précise que cette seconde opinion est la plus explicite des deux, et que les propos des imams des premières générations, et d’autres, affirmant que le muṣḥaf d’ʿUthmân représente l’un des aḥruf… »