142 – Statut de la prière de l’esclave fugitif Ibn Mufliḥ rapporte : « La prière surérogatoire accomplie par un esclave fugitif n’est pas valide ; c’est l’avis d’Ibn ʿAqīl et d’autres, car le temps qui lui est imparti pour la prière obligatoire est, légalement, exclu – il ne l’a donc pas usurpé. Notre shaykh, toutefois, ajoute : la nullité même de sa prière obligatoire est plus probable. » [Al-Furūʿ 1/333 (2/42)]. Il dit encore : « Question subsidiaire : la prière de celui qui se “s’est usurpé lui-même”, c’est-à-dire l’esclave en fuite, est-elle valable ? … Ibn ʿAqīl, dans son ouvrage Al-Wāḍiḥ, a traité cette question et conclut ainsi : “Lorsqu’on peut véritablement parler d’une usurpation de sa propre personne au cours de la prière, celle-ci est, selon nous, nulle ; il s’agit ici de la prière surérogatoire.” Après avoir cité cette parole d’Ibn ʿAqīl dans Al-Wāḍiḥ, le shaykh Taqī al-Dīn commenta : “Il n’en demeure pas moins qu’il usurpe le lieu où il séjourne ; y demeurer lui est illicite tout comme l’est le séjour d’un usurpateur sur un bien spolié. Par conséquent, l’invalidité de la prière est l’opinion la plus solide.” Fin de citation. [Al-Nukat ʿalā al-Muḥarrar 1/48] (1). 143 – Celui qui s’empare d’une mosquée, empêche les fidèles d’y prier, puis la voit périr entre ses mains Ibn Mufliḥ déclare : « Il n’en est pas garant pour la seule raison qu’il en a interdit l’accès – tel un bien indivis. » Notre shaykh rétorque : « Selon l’analogie de l’école, il en est bel et bien responsable. » [Al-Furūʿ 1/334 (2/44)] (3).
(1) Les «Ikhtiyarat» d’al-Baali, p. 65. (2) Ibn Qundus note dans sa Hashiya ’ala al-Furu’ : «Le pronom dans “biman'ihi” renvoie à la mosquée que quelqu’un a empêché d’accéder sans en modifier l’état – il n’y a eu que l’interdiction. C’est pour cette raison qu’il a employé “biman'ihi”, afin d’exclure le cas où l’état du lieu serait altéré. Le sens est que si une personne empêche un tiers d’entrer dans la mosquée, elle n’en est pas tenue, à l’image de celui qui s’empare illicitement (ghisb) d’une portion : il n’en est pas responsable. L’ajout de “kajāz'in” (« comme une portion ») suggère qu’il visait le cas d’une interdiction portant uniquement sur une partie de la mosquée.» (3) Les «Ikhtiyarat» d’al-Baali, p. 64 ; voir aussi al-Adab al-Shar'iyya (t. 3, p. 394).
١٤٢ - حكم صلاة العبد الآبق: - قال ابن مفلح: (ولا يصح نفل آبق، ذكره ابن عقيل وغيره، لأنّ زمن فرضه مستثنى شرعا فلم يغصبه، وقال شيخنا: وبطلان فرضه قويٌّ) [الفروع ١/ ٣٣٣ (٢/ ٤٢)]. - وقال أيضاً: (فرع: هل تصح صلاة من غصب نفسه، وهو العبد الآبق؟ .... ذكر ــ أي ابن عقيل ــ في كتابه «الواضح» هذه المسألة، وقال آخر كلامه: والذي يتحقق غصبه لنفسه فيها من الصلاة تكون عندنا باطلة، وهي النافلة ... وقال الشيخ تقي الدين ــ بعد ذكره لكلام ابن عقيل في «الواضح» ــ: لكنه غاصب للمكان الذي حلّ فيه، مقامه فيه يحرم كمقام الغاصب في ملك المغصوب، فبطلان الصلاة أقوى. انتهى كلامه) [النكت على المحرر ١/ ٤٨] (١). ١٤٣ - إذا غصب مسجدا ومنع الناس من الصلاة فيه، ثم تلف في يده: - قال ابن مفلح: (ولا يضمنه بمنعه (٢) كجزء، وقال شيخنا: قياس المذهب يضمنه) [الفروع ١/ ٣٣٤ (٢/ ٤٤)] (٣).
(١) «الاختيارات» للبعلي (٦٥). (٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (الضمير في قوله: «بمنعه» يعود إلى المسجد الذي منعه غيره ولم يغيّر هيئته، وإنما وجد منه المنع فقط، ولهذا قال: «بمنعه» احترز به عمّا إذا غيّر هيئته، والمعنى: أنه لو منع غيره من المسجد لم يضمنه بذلك، أشبه ما لو غصب جزءا، فإنه لا يضمنه، وقوله «كجزء» يحتمل أنه أراد به إذا منع جزءا من المسجد) ا. هـ. (٣) «الاختيارات» للبعلي (٦٤)، وانظر: «الآداب الشرعية» (٣/ ٣٩٤).