déficient, c’est même l’instant qui mérite le plus d’être qualifié d’imparfait ; le Prophète ﷺ en a fait le temps de la prière des hypocrites, lorsque le soleil se trouve entre les deux cornes de Satan, moment où les mécréants se prosternent devant lui. L’interdiction de prier avant cet instant n’a donc été instituée qu’à titre de protection et pour fermer la voie menant à cette dérive.
Il n’en va pas de même pour celui qui commence la prière avant le lever du soleil : à ce moment-là, les mécréants ne se prosternent pas encore devant l’astre ; ils attendent son apparition pour le faire. Comment pourrait-on alors affirmer que la prière de celui qui l’a entamée à un moment pleinement valide – où les mécréants ne se prosternent pas au soleil – est nulle, tandis que serait valide la prière de celui qui l’a commencée précisément à l’heure où les mécréants se prosternent devant le soleil, c’est-à-dire lorsqu’il se trouve entre les deux cornes de Satan ? À ce moment en effet, Satan l’accompagne pour que la prosternation lui soit destinée, tout comme il l’accompagne lors du lever afin que la prosternation lui revienne.
Si le fait de l’initier lorsque Satan l’accompagne n’empêche pas sa validité, la poursuivre durant cette concomitance ne saurait, à plus forte raison, l’invalider. S’il existe un raisonnement analogique solide en ce monde, celui-ci est parmi les plus probants. Il apparaît donc que le cas dans lequel vous avez contredit le texte est, du point de vue de l’analogie, plus digne d’être permis que celui où vous l’avez suivi.
Tel est ce que j’ai recueilli de Shaykh al-Islâm — qu’Allah sanctifie son âme — lors de la lecture auprès de lui ; telle était sa voie. Il soutenait que l’analogie correcte est celle qu’établit le texte, et que quiconque délaisse le texte au nom de l’analogie s’oppose en réalité tant au texte qu’à l’analogie. La réussite appartient à Allah. [Iʿlām al-Muwaqqiʿîn 2/341-344 (2/322-323)] (1).
131 – Si un empêchement survient après l’entrée du temps :
– Ibn Mufliḥ a dit : « Si le temps n’est entré que de quoi prononcer une seule takbîra — formulation laissée sans restriction par Aḥmad —, on a donc parlé d’“une partie”. D’Aḥmad également : “et qu’il ait eu la possibilité de l’accomplir”, avis adopté par un groupe (W : Sh). Notre shaykh, quant à lui, a choisi que… »