130 – Celui qui a saisi une rakʿa de la prière de l’aube (ṣubḥ / fajr) avant le lever du soleil Ibn al-Qayyim a dit : « Vingt-huitième exemple (1) : le refus d’admettre la Sunna authentique, explicite et décisive selon laquelle quiconque a rattrapé une rakʿa du ṣubḥ avant que le soleil ne se lève a bien accompli la prière du ṣubḥ. Ce refus se fonde sur la prétendue contrariété de ce ḥadith avec les “principes” et sur le texte, tenu pour équivoque, où le Prophète ﷺ interdit de prier pendant le lever du soleil. Ils affirment : “Chez nous, la règle générale prime le texte particulier ; nous sommes donc en présence d’un ordre interdissant et d’un ordre autorisant. Par précaution, nous faisons prévaloir l’interdiction, car elle impose de répéter la prière, tandis que le ḥadith ordonnant de la compléter permet de la poursuivre. Lorsque deux textes s’opposent, nous retenons celui qui exige la répétition afin d’être certains d’avoir acquitté notre devoir.” Nous répondons : Il ne fait aucun doute que la parole du Prophète ﷺ : « Celui qui a rattrapé une rakʿa de la prière du ʿaṣr avant que le soleil ne se couche, qu’il achève sa prière ; et celui qui a rattrapé une rakʿa de la prière du ṣubḥ avant que le soleil ne se lève, qu’il achève sa prière » constitue un seul et même ḥadith, prononcé en une seule occasion. L’obéissance est déjà requise pour la première moitié ; elle l’est donc aussi pour la seconde. Ce texte est précis, particulier, et n’admet qu’une seule interprétation, sans aucune alternative possible. Quant au ḥadith interdisant la prière durant les temps proscrits, il est général et global ; il a été restreint, pour la prière du ʿaṣr du jour même, par le consensus ; restreint, pour la prière manquée ou oubliée, par un texte explicite ; restreint encore, pour les prières motivées par une cause déterminée, par la Sunna : ainsi le Prophète ﷺ rattrapa la sunna du ẓuhr après le ʿaṣr et il approuva celui qui rattrapa la sunna du ṣubḥ après la prière obligatoire du ṣubḥ, l’informant que c’était
(1) Illustration de la manière dont certains ont répondu à un texte par un autre.
١٣٠ - من أدرك ركعة من الصبح قبل أن تطلع الشمس: - قال ابن القيم: (المثال الثامن والعشرون (١): رد السنة الصحيحة الصريحة المحكمة في أن من أدرك ركعة من الصبح قبل أن تطلع الشمس فقد أدرك الصبح= بكونها خلاف الأصول وبالمتشابه من نهيه ﷺ عن الصلاة وقت طلوع الشمس، قالوا: والعام عندنا يعارض الخاص، فقد تعارض حاظر ومُبيح، فقدمنا الحاظر احتياطًا، فإنه يوجب عليه إعادة الصلاة، وحديث الإتمام يجوِّز له المُضيّ فيها، وإذا تعارضا صرنا إلى النص الذي يوجب الإعادة لتتيقن براءة الذمة. فيقال: لا ريب أن قوله ﷺ: «من أدرك ركعة من العصر قبل أن تغرب الشمس فليتم صلاته، ومن أدرك ركعة من الصبح قبل أن تطلع الشمس فليتم صلاته» حديث واحد، قاله ﷺ في وقت واحد، وقد وجبت طاعته في شطره، فتجب طاعته في الشطر الآخر، وهو مُحْكم خاص لا يحتمل إلا وجهًا واحدًا، لا يحتمل غيره ألبته، وحديث النهي عن الصلاة في أوقات النهي عام مجمل قد خُصّ منه عصر يومه بالإجماع، وخُصّ منه قضاء الفائتة والمنسية بالنصّ، وخُصَّ منه ذوات الأسباب بالسنة كما قضى النبي ﷺ سُنة الظهر بعد العصر، وأقر من قضى سنة الفجر بعد صلاة الفجر، وقد أعلمه أنها
(١) أي من أمثلة رد بعض الناس للنص بنص آخر.