Al-Mughnî opère une distinction entre la présente question et le cas de l’exception (istithnâ’) : l’exception, en effet, ne nie rien de ce qui a été reconnu ; elle ne fait que désigner ce qui demeure après l’exception. Ainsi, s’il déclare : « dix, sauf un dirham », il veut dire : neuf ; il n’en va pas de même pour la rétractation (iḍrâb).
Cette distinction ne vaut toutefois que si l’on adopte l’opinion — qu’il répète à plusieurs reprises — selon laquelle l’exception n’est pas une véritable sortie (ikhrâj) et que l’élément excepté et l’ensemble dont on l’exclut forment une entité unique, comme l’ont avancé certains. Or, d’après l’autre avis qu’il énonce lui-même, et que d’autres partagent, l’exception constitue bien une sortie ; la distinction s’effondre donc. Pour ma part, je ne vois aucune différence : il s’ensuit qu’il n’y a pas de divergence entre l’extraction opérée par illâ (« sauf ») ou par bal (« mais »).
Shaykh Taqî ad-Dîn affirme : « Il se peut que l’on accueille la rétractation, car il s’agit d’une prétention de coordination (ʿaṭf) qui se présente fréquemment ; on l’accepte donc, comme on accepte la prétention de coordination dans l’aveu du capital en murâbaḥa (vente à bénéfice) et du profit en muḍâraba (association capital-travail). »
Autrement dit — selon une des versions rapportées —, l’implication de ses propos est que la prétention au ʿaṭf est recevable de façon générale, à l’instar des deux cas de référence. La différence, dans une version, entre ces deux cas et l’aveu réside dans le fait que l’aveuateur n’est pas dépositaire (amîn) du bénéficiaire de l’aveu et n’a avec lui aucun lien qui permettrait de le considérer comme tel pour que sa parole soit admise, contrairement aux deux cas de référence. ⦗al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/492-493⦘
1633 – S’il déclare : « Ce dirham lui appartient, non, plutôt ces deux dirhams » :
– Ibn Mufliḥ dit : (Son propos (1) : « Et s’il dit : “Ce dirham lui appartient, non, plutôt ces deux dirhams”, les trois lui deviennent dus ; s’il dit : “un qafîz de blé, non, plutôt un qafîz d’orge” ou “un dirham, non, plutôt un dînar”, il est tenu à chacun des deux. »)
La plupart des maîtres ont statué sans réserve en ce sens ; la justification en a été exposée dans la question précédente, ainsi que la différence entre