tel est l’avis d’Abû Ḥanîfa. Abû Yûsuf et Muhammad, pour leur part, estiment qu’il est redevable d’un kurr d’orge et d’un kurr de blé, et c’est la position mise en avant dans al-Riʿâya al-Kubrâ. Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : cette solution procède, par analogie, du deuxième avis appliqué au premier cas ; c’est également l’opinion retenue par le Qâḍî. Il poursuit : « Cette formulation n’est pas usuelle. Si quelqu’un déclare : “Il a contre moi ce qui se trouve entre un kurr de blé et un kurr d’orge”, la somme due correspond à la différence entre leurs deux valeurs. Tel est l’analogie du troisième avis, et c’est l’option choisie par Abû Muhammad. » Fin de citation. [al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/489-490] 1631 – S’il dit : « Je lui dois un dirham au-dessus d’un dirham » Ibn Mufliḥ rapporte : (son propos (1) : « Et s’il dit : “Il a contre moi un dirham au-dessus d’un dirham, ou au-dessous d’un dirham, ou avec un dirham ; ou bien par-dessus celui-ci un dirham, ou au-dessous, ou avec un dirham.” ») Plusieurs auteurs ont tranché qu’il est alors redevable de deux dirhams, car l’expression, dans ce contexte, joue le rôle d’une conjonction : elle implique l’adjonction d’un autre dirham à celui déjà reconnu ; dès lors, deux dirhams s’imposent, comme dans toute coordination. Le passage relève de l’aveu et ne saurait donc admettre une interprétation contraire, puisqu’elle irait à l’encontre du sens apparent. D’autres estiment qu’il ne doit qu’un seul dirham ; c’est l’avis du Qâḍî, parce que l’on peut comprendre « au-dessus d’un dirham » comme signifiant « de meilleure qualité ». Il en va de même pour les autres formulations : le supplément n’est pas exigible tant qu’il subsiste un doute sur son inclusion dans l’aveu. Chez ash-Shâfiʿî, les deux opinions sont rapportées. Abû Ḥanîfa et ses disciples jugent que, si l’on dit « au-dessus d’un dirham », on doit deux dirhams ; mais si l’on dit « au-dessous d’un dirham », on n’en doit qu’un seul, car « au-dessus » implique l’ajout, contrairement à « au-dessous ».
(1) C’est-à-dire : l’auteur d’al-Muharrar.
أبي حنيفة، وقال أبو يوسف ومحمد: يلزمه كر شعير وكر حنطة، وقدمه في «الرعاية الكبرى». قال الشيخ تقي الدين: هو قياس الثاني في الأول، وكذلك هو عند القاضي. ثم قال: هذا اللفظ ليس بمعهود، فإن قال: له عليَّ ما بين كر حنطة وكر شعير، فالواجب تفاوت ما بين قيمتهما، وهو قياس الوجه الثالث، اختيار أبي محمد. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٤٨٩ - ٤٩٠]. ١٦٣١ - إذا قال: له علي درهم فوق درهم: - قال ابن مفلح: (قوله (١): «وإذا قال: له عليَّ درهم فوق درهم، أو تحت درهم، أو مع درهم، أو فوقه أو تحته درهم، أو مع درهم». قطع به غير واحد، لأن اللفظ في هذه الصورة يجري مجرى العطف، لاقتضائه ضمَّ درهم آخر إلى المقر به، فلزماه، كالعطف، والسياق واحد، وهو في الإقرار، فلا يقبل احتمال يخالفه، لأنه خلاف الظاهر. وقيل: يلزمه درهم، وهو قول القاضي، لاحتمال إرادته فوق درهم في الجودة، وكذا في باقي الصور، فلا يجب الزائد مع الشك في دخوله في إقراره. وللشافعي كالوجهين، وقال أبو حنيفة وأصحابه: إذا قال: فوق درهم، لزمه درهمان، وإن قال: تحت درهم، لزمه درهم، لأن «فوق» تقتضي الزيادة بخلاف «تحت».
(١) أي: صاحب «المحرر».