je ne sais s’il existe, à ce propos, la moindre divergence ; s’il déclare en outre : « cent cinquante dirhams », le jugement reste identique.
Certains de nos condisciples ont néanmoins émis l’opinion suivante : l’élément coordonné ne constitue une précision que pour ce qui le suit immédiatement ; c’est également la position de quelques shâfiʿites. Il en serait ainsi s’il disait : « mille et trois dirhams », « cinquante et mille dirhams », « mille et cent dirhams » ou « cent et mille dirhams ». L’avis correct demeure celui que nous avons indiqué. Fin de sa citation.
Dans al-Kâfî, l’auteur a également mentionné ce principe, tout en le présentant comme une possibilité pour les cas « mille et cinquante dirhams » ou « mille et trois dirhams » ; son intention — Allah le sait mieux — renvoyait sans doute à ce qui précède.
Shaykh Taqî ad-Dîn, après avoir cité ces propos dans al-Kâfî, observe qu’il semble distinguer entre le nombre qui suit immédiatement le terme coordonné et celui qui ne le suit pas.
…
Son propos (1) : « Al-Tamîmî dit : on se réfère à sa clarification lorsque les termes sont reliés par conjonction, non lorsqu’il s’agit de spécification (tamyîz) ou d’annexion (iḍâfa). »
Cela s’appuie sur ce qui a déjà été exposé. Abû al-Khaṭṭâb et d’autres précisent en effet que le mot “dirham” est ici employé à titre d’explication ; partant, il n’impose aucune augmentation au-delà du millier. Abû Ḥanîfa, pour sa part, affirme que si l’élément ajouté par conjonction constitue une dette exigible, il est du même genre ; sinon, il ne l’est pas.
Mâlik et al-Shâfiʿî rejoignent al-Tamîmî pour l’élément coordonné ; en revanche, au sujet du terme spécifié ou annexé, al-Iṣṭakhrî et Ibn Khayrân adoptent la seconde opinion, tandis que d’autres s’en écartent.
Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : il en va autrement de la formule « mille [dirhams] et un kurr (mesure de capacité) de blé », car le Qâḍî paraît avoir nié toute divergence à ce sujet parmi l’ensemble des juristes, si bien qu’al-Tamîmî pourrait, en l’occurrence, tenir un autre avis.
Il déclare encore : on pourrait soutenir que, si l’auteur de la reconnaissance décède sans qu’aucune clarification n’intervienne, l’ensemble est réputé appartenir à un seul genre ; toutefois, s’il affirme que le millier relève d’un genre différent de ce qui l’accompagne, sa parole sera admise sous serment.