ou « éminente », et d’autres formulations analogues. Il se peut qu’il lui faille ajouter quelque chose ou préciser la raison de cette “importance”. L’opinion la plus plausible est de se référer à la coutume (*ʿurf*), même si celle-ci reste difficile à circonscrire, comme on le fait pour la “menue” chose retrouvée ou pour ce que l’on appelle un “sang abondant”. Notre maître a déclaré : c’est l’usage propre au locuteur ; on rapporte donc toute expression absolue qu’il emploie à l’interprétation la plus réduite qu’elle puisse légalement porter) [al-Furūʿ 6/636 (11/450-451)] (1). – Il a encore dit : (Son propos (2) : « Lorsqu’il déclare : “Il me doit une somme considérable (*ʿaẓîm*), ou grave (*khaṭīr*), ou éminente (*jalīl*)”, c’est comme s’il avait dit : “Il me doit un bien” ; on admet alors qu’il l’explique par la plus petite chose ayant valeur patrimoniale. C’est également l’avis d’al-Shâfiʿî et de certains mâlikites, car il n’existe, ni dans la Loi, ni dans la langue, ni dans la coutume, de seuil précis pour ces expressions, et les gens divergent à ce sujet ; toute fortune est en effet « considérable » par rapport à ce qui lui est inférieur. Il se peut néanmoins que, s’il entendait par là ce qui est important à ses propres yeux — du fait de la modestie de ses biens ou de sa bassesse d’âme — on accepte qu’il l’explique par un montant minime ; dans le cas contraire, non. Telle est — et Allah sait mieux — la portée de la parole d’Ibn ʿAbd al-Qawî : « Et si l’on disait que l’on évalue la chose par rapport à la personne même du déclarant, cela ne serait pas éloigné du juste propos. » Dans al-Riʿâya, il est dit : il se peut qu’on l’oblige à mentionner la raison de cette importance ou à ajouter quelque chose au-delà du minimum patrimonial, afin que l’utilité de sa précision apparaisse. Shaykh Taqî al-Dîn a pour sa part affirmé : Il est pertinent, en la matière, de renvoyer à la coutume propre au locuteur, car cela varie d’une personne à l’autre, comme c’est le cas pour les serments et les vœux. Ce terme ne possède aucun cadre défini dans la langue ou dans la Loi ; on revient donc à l’usage. Sera dès lors accepté de lui ce qui, selon sa coutume, peut être qualifié de « considérable » ; à défaut, non. Et il est évident que le propriétaire, et ceux qui lui ressemblent
(1) al-Minhaj al-Sunna, t. IV, p. 83-84. (2) C’est-à-dire l’auteur du « al-Muharrar » ; cette phrase a été omise dans la première édition imprimée du texte d’al-Muharrar.
ونحوه، ويحتمل أن يزيد شيئا، أو يبين وجه الكثرة، ويتوجه: العرف، وإن لم ينضبط، كيسير اللقطة والدم الفاحش، قال شيخنا: عرف المتكلم، فيحمل مطلق كلامه على أقل محتملاته) [الفروع ٦/ ٦٣٦ (١١/ ٤٥٠ - ٤٥١)] (١). - وقال أيضا: (قوله (٢): «وإذا قال: له عليَّ مال عظيم أو خطير أو جليل، فهو كقوله: مال، يقبل تفسيره بأقل متمول». وبهذا قال الشافعي وبعض المالكية، لأنه لا حد لذلك في شرع ولا لغة ولا عرف، والناس يختلفون في ذلك، لأنه ما من مال إلا وهو عظيم بالنسبة إلى ما دونه. ويحتمل أنه إن أراد عظمه عنده لقلة ماله أو خسة نفسه قبل تفسيره بالقليل، وإلا فلا. وهذا ــ والله أعلم ــ معنى قول ابن عبد القوي: ولو قيل: يعتبر بالنسبة إليه في نفسه لم يبعد. قال في «الرعاية»: ويحتمل أن يلزمه ذكر وجه العظم، أو يزيد على أقل ما يتمول شيئا لتظهر فائدته. وقال الشيخ تقي الدين: يتوجه أن يرجع في هذا إلى العرف في حق القائل، فإن هذا يختلف باختلاف القائلين، وكذلك في الأيمان والنذور، وليس لهذا اللفظ حد في اللغة ولا في الشرع، فيرجع فيه إلى العرف، فإذا ما يجوز أن يسمى عظيما في عرفه قبل منه، وإلا فلا، ومعلوم أن المالك ونحوه
(١) «منهاج السنة» (٤/ ٨٣ - ٨٤). (٢) أي: صاحب «المحرر»، وهذه الجملة سقطت من مطبوعة متن «المحرر» الأولى.