C’est là une opinion solide et limpide ; je n’ai trouvé, dans l’école, aucun texte explicite qui la contredise. [al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/470-475]
1621 – Lorsqu’une personne déclare : « Il me doit quelque chose » et qu’elle précise ensuite qu’il s’agit d’un droit de préemption (ḥaqq shufʿa) ou d’une somme minime :
– Ibn Mufliḥ dit : (Sa parole (1) : « S’il l’explique par un droit de préemption ou par la plus petite somme d’argent, on l’accepte. » En effet, c’est recevable, car le terme « chose » (shayʾ) se rapporte réellement et usuellement à ces éléments ; on l’accepte donc, comme lorsqu’il l’explique par une somme importante.)
– Shaykh Taqî al-Dîn précise : « S’agissant du droit de préemption, la question appelle réflexion, car il ne constitue pas un bien : la preuve en est qu’il ne se transmet pas par héritage et qu’on ne peut pas conclure de transaction pécuniaire à son sujet ; il est, de ce point de vue, comparable à la peine pour diffamation. » Fin de citation. [al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/475]
1622 – Question :
– Ibn Mufliḥ dit : (Sa parole (2) : « Selon un autre avis : si l’héritier entérine l’aveu de son auteur, on l’adopte ; sinon, non. »)
– Shaykh Taqî al-Dîn commente : Il se peut qu’il entérine le principe même de l’aveu tout en niant en avoir connaissance.
Nous avons déjà, dans le long chapitre précédent, exposé la justification avancée par Shaykh Taqî al-Dîn pour cette version : l’héritier peut en effet ignorer ce qui incombait au défunt. Ibn ʿAbd al-Qawî l’a, quant à lui, expliquée en soutenant que le bénéficiaire de l’aveu n’avait rien réclamé contre eux ; la faiblesse d’un tel raisonnement est manifeste. [al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/476-477]
1623 – S’il dit : « Il me doit une somme », ou : « une somme considérable », ou « importante », ou « de bonne qualité » :
– Ibn Mufliḥ affirme : (Lorsqu’il déclare : « Il me doit une somme », on admet qu’il l’explique par la plus petite chose ayant valeur patrimoniale, et – selon l’avis le plus plausible – par une umm walad (esclave devenue mère de l’enfant de son maître). Il en va de même s’il affirme : « Il me doit une somme considérable », ou « importante », ou « grave », ou « éminente »,)