car le fait que les droits soient soustraits à leurs ayants droit est un acte répréhensible (munkar) ; or supprimer le blâmable est une obligation proportionnée aux capacités de chacun. Que dire lorsque ce blâmable peut disparaître par la seule indication et le simple renseignement ? Dès lors que cette information est obligatoire, celui qui s’en abstient mérite l’emprisonnement et la bastonnade.
De même, si quelqu’un connaît l’endroit où se trouve celui qui est redevable d’un droit – qu’il s’agisse d’un droit d’Allah ou d’un droit dû à un individu – et que le créancier veut le recouvrer sans commettre d’injustice, le guider vers ce débiteur oppresseur constitue pour l’opprimé l’équivalent de montrer à un propriétaire l’emplacement de son bien. Quant à celui qui abrite un fauteur de troubles et le cache, il est puni de coups et de prison à plus forte raison encore que le détenteur d’un bien dissimulé ; car dissimuler une personne revient à dissimuler un bien, et la désigner, lorsqu’elle ne l’est pas par celui qui la cache, équivaut à indiquer le bien.
Tout cela vaut lorsque la connaissance, par la personne interrogée, de l’endroit où se trouve la personne ou le bien réclamé est établie soit par son propre aveu, soit par un témoignage. S’il ne s’agit que d’une suspicion, on l’écroue, comme on le ferait pour une présomption portant sur le droit lui-même ; quant aux coups, ils suivent le statut applicable au suspect.
Le principe est que le droit, tout comme il peut porter sur une chose matérielle, peut également concerner une utilité attachée à la personne, telles les jouissances exigibles dans un contrat de location. Qu’il s’agisse d’un droit sur une chose ou sur une utilité, il peut être exigible en vertu d’une stipulation contractuelle ou imposé par la sharîʿa. De la même manière que nous punissons celui qui refuse de s’acquitter d’une pension que la sharîʿa lui rend obligatoire, nous sanctionnons celui qui se soustrait à une utilité également imposée par la loi religieuse ; or, parmi les utilités les plus importantes figure le fait de dévoiler les droits et leurs emplacements, qu’ils concernent des personnes ou des biens.
Celui qui s’abstient de donner cette indication se refuse à fournir une utilité que la sharîʿa lui impose personnellement ; il encourt donc une peine, même si l’obligation n’était pas encore individualisée parce que plusieurs personnes possédaient l’information. Dans ce cas, si tous s’abstiennent, ils sont tous punis. Quant à infliger d’emblée une peine à certains d’entre eux dès leur refus, la question dépend de savoir si l’obligation de renseigner est un devoir collectif (*farḍ kifâya*) ou un devoir individuel (*farḍ ʿayn*) comparable au témoignage. Le texte explicite affirme qu’il s’agit d’une obligation individuelle ; et, de même que l’on punit celui qui porte un faux témoignage, on punit celui qui le tait. Fin de la citation.
خروج الحقوق عن أصحابها منكر، وإزالة المنكر واجبة بحسب الطاقة، فكيف إذا كان يزول بمجرد البيان والدلالة، وإذا كان البيان والدلالة واجبا عوقب على تركه بالحبس والضرب، وكذلك لو كان يعلم موضع من عليه حق لله أو لآدمي وهو يريد استيفاءه من غير ظلم، فإن الدلالة على النفوس الظالمة للمظلوم كالدلالة على المال لصاحبه، فأما من آوى محدثا وكتمه فإن هذا يعاقب بالضرب والحبس بمنزلة كاتم المال وأولى، فإن كتمان النفس ككتمان المال، والدلالة عليها من غير الكاتم كالدلالة على المال.
وهذا كله إذا ظهر معرفة المسؤول عن النفس المستحقة والمال المستحق، إما بإقراره وإما ببينة، فأما إذا اتهم بذلك فهنا يحبس كما يحبس في التهمة بنفس الحق، وأما ضربه فهو كالمتهم.
وأصل هذا أن الحق كما يكون عينا من الأموال فقد يكون منفعة على البدن، كالمنافع المستحقة بعقد الإجارة، والحقوق الواجبة عينا أو منفعة إما أن تجب بالشرط، وإما أن تجب بالشرع، فكما أنا نعاقب من امتنع عن النفقة الواجبة شرعا، كذلك نعاقب من امتنع عن المنفعة الواجبة شرعا، ومن أعظم المنافع بيان الحقوق ومواضعها من النفوس والأموال.
والممتنع عن البيان ممتنع عن منفعة واجبة عليه شرعا، متعينة عليه، فيعاقب عليها ولو لم تتعين عليه بأن كان العالمون عددًا، فهنا إذا امتنعوا كلهم عوقبوا أو بعضهم لكن عقوبة بعضهم ابتداءً عند امتناعه يخرج على البيان، هل هو واجب على الكفاية أو الأعيان كالشهادة؟ والمنصوص أنه واجب بالشرع على الأعيان، وكما يعاقب الرجل على شهادة الزور يعاقب على كتمان الشهادة. انتهى كلامه.