et que tu dis : « Il n’a chez moi cent, sauf deux dirhams », tu n’as en réalité reconnu aucune somme, parce que l’expression « chez moi » ne met rien au nominatif que l’on puisse retenir contre toi ; c’est comme si tu avais dit : « Il n’a chez moi que quatre-vingt-dix-huit. » De même, si tu déclares : « Je lui dois dix, sauf un dirham » – le mot dirham étant à l’accusatif –, tu n’avoues rien ; mais si tu dis : « sauf un dirham » (au nominatif), tu reconnais alors un dirham. Ibn ar-Rûmî, commentant cela dans son « Sharḥ al-Uṣûl », explique : « La négation est venue se superposer à l’affirmation : lorsqu’on dit : “Il a chez moi cent, sauf deux dirhams”, on avoue quatre-vingt-dix-huit. Si l’on introduit la négation sur cette phrase, c’est comme si l’on disait : “Il n’a chez moi que quatre-vingt-dix-huit” ; on emploie alors l’exception pour reproduire la forme d’une affirmation, mais il s’agit en fait d’une exception après négation. » Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : « Dès lors, celui qui met le mot au cas accusatif dans une exception précédée d’une négation ne confirme pas l’élément excepté, tandis que celui qui le met au nominatif le confirme. On dirait que celui qui choisit l’accusatif parle pour réfuter celui qui affirme, alors que celui qui emploie le nominatif s’exprime de prime abord. C’est ainsi que, dans le verset : ﴿مَا فَعَلُوهُ إِلَّا قَلِيلٌ مِنْهُمْ﴾ (an-Nisâ’ : 66), selon cette lecture, l’énoncé équivaut à : “La plupart d’entre eux ne l’ont pas fait.” » [an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/462-463]. 1614 – Tout ce qu’il est légitime d’exclure peut également faire l’objet d’un aveu formulé par une exception indéterminée. – Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî ad-Dîn a dit – et il est mentionné dans al-Jawâhir, ouvrage mâlékite – : Si quelqu’un déclare : “Il a chez moi à peu près cent” ou “cent moins quelque chose”, Sahnûn rapporte que la majorité de nos condisciples estiment qu’il devient redevable des deux tiers de la centaine, selon l’appréciation du juge ; d’autres disent : un tiers de cent ; d’autres encore : cinquante-et-un, afin que la somme dépasse la moitié. Dans un autre passage d’al-Jawâhir il est dit : Si l’on dit : “Je lui dois cent dirhams moins quelque chose”, on est tenu de verser quatre-vingt-onze ; s’il déclare : “Je lui dois dix mille moins quelque chose”, il doit neuf-mille-cent ; et s’il dit : “Je lui dois un dirham moins quelque chose”, il doit quatre cinquièmes de dirham. Et s’il disait : “Il a
فقلت: ما له عندي مائة إلا درهمين، فما أقررت بشيء، لأن «عندي» لم ترفع شيئا حتى يثبت عندك، وكأنك قلت: ماله عندي ثمانية وتسعون، وكذلك إذا قلت: ماله عليَّ عشرة إلا درهما، لم يكن مقرًا بشيء، فإذا قلت: إلا درهم، فأنت مقر بدرهم. قال ابن الرومي في توجيه ذلك في «شرح الأصول»: إن النفي دخل على الإيجاب، فإنه إذا قال: له عندي مائة إلا درهمين، اعترف بثمانية وتسعين، فإذا أدخلت النفي على هذا فكأنك قلت: ماله عندي ثمانية وتسعون، فأتيت بالاستثناء تحكي صورة الإيجاب، إلا أنه استثناء من نفي. قال الشيخ تقي الدين: وعلى هذا فمن نصب في الاستثناء من النفي لا يكون مثبتا للمستثنى، ومن رفع يكون مثبتًا، وكأن الناصب جاء بكلامه النافي ردًّا على من أثبت، والرافع ابتداء، وعلى هذا فيكون قوله تعالى: ﴿مَا فَعَلُوهُ إِلَّا قَلِيلٌ مِنْهُمْ﴾ [النساء: ٦٦] على هذه القراءة في قوة: ما فعله أكثرهم) [النكت على المحرر: ٢/ ٤٦٢ - ٤٦٣]. ١٦١٤ - كل ما صح استثناؤه صح أن يقر به الاستثناء المجهول: - قال ابن مفلح: (قال الشيخ تقي الدين: وقال في «الجواهر» ــ يعني: المالكية ــ: إذا قال: له عندي قريب المائة، أو مائة إلا شيئا، قال سحنون: قال أكثر أصحابنا: يلزمه ثلثا المائة، بقدر ما يرى الحاكم، وقيل: ثلث مائة، وقيل: واحد وخمسون، ليزيد على النصف. وقال في «الجواهر» في موضع آخر: إذا قال: له عليَّ مائة درهم إلا شيئا، يلزمه واحد وتسعون، وإن قال: له عليَّ عشرة آلاف إلا شيئا، يلزمه تسعة آلاف ومائة، وله درهم إلا شيئا يلزمه أربعة أخماس درهم، ولو قال: له