Autrement dit : que l’on considère ou non qu’une exception portant sur la moitié soit valable, l’énoncé repose ici sur le troisième avis, lequel entérine toutes les exceptions – ainsi qu’il a été vu plus haut. La manière dont l’auteur rapporte cette opinion à l’aide de cette tournure prête néanmoins à discussion ; il me semble qu’il aurait été plus approprié d’écrire : « Et, selon le troisième avis, il lui reste à régler sept. »
Shaykh Taqî ad-Dîn signale que tel est aussi l’avis des mâlikites. Il ajoute : « Tu disposes de deux méthodes : si tu le veux, tu retranches la dernière exception de ce qui la précède, puis la précédente de ce qui la précède encore, et ainsi de suite jusqu’à la première ; ou bien tu retranches d’abord la première du montant principal, puis tu ajoutes la deuxième, tu retranches la troisième, tu ajoutes la quatrième, et ainsi de suite. » Cette seconde méthode est celle retenue dans al-Kâfî. Fin de citation ; c’est également la seconde que rapportent plusieurs auteurs.
Section
Si la deuxième exception est introduite par une conjonction, elle se rattache à la première. Ainsi, s’il déclare : « Je lui dois dix, sauf trois, et sauf deux dirhams », il excepte cinq et reconnaît une dette de cinq.
Ibn ʿAbd al-Qawî estime que cette opinion est la plus forte ; en effet, la conjonction wa rend l’ensemble des exceptions comme une seule unité, ainsi qu’on le verra dans Tarfîʿ al-Masâʾil.
Shaykh Taqî ad-Dîn précise encore que la première opinion est celle d’Abû Ḥanîfa et d’ash-Shâfiʿî : lorsque le illâ (« sauf ») englobe la totalité, l’exception tombe. Abû Yûsuf et Muḥammad jugent, quant à eux, que seule la dernière exception — celle qui impliquerait l’englobement total — s’annule, tandis que les précédentes demeurent valides.