Abû Bakr Ibn al-Anbârî déclare dans al-Kâfî : « Sache qu’il ne fait pas partie du parler arabe d’excepter la moitié d’une chose ; il est donc disgracieux de dire : “J’ai envers Zayd dix, sauf cinq.” »
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Les grammairiens – au nombre desquels Ibn as-Sarrâj – expliquent que, dans le premier cas, si l’on dit : « Il a chez moi cent dirhams, sauf deux dirhams », il s’agit d’une véritable exception, de sorte que l’aveu porte sur quatre-vingt-dix-huit. En revanche, si l’on énonce : « Cent, sauf deux dirhams », l’expression joue le rôle d’un qualificatif ; la reconnaissance demeure donc de cent, car le sens implicite est : « cent distincts de deux dirhams ». Il en va de même pour la formule : « Cent, autres que le millier », la qualification prévalant toujours sur le nom qu’elle accompagne.
Inversement, si quelqu’un déclare : « Mille, comme cent » ou « Mille, comme deux dirhams », il reconnaît cent et deux dirhams, les éléments constitutifs de la centaine pouvant s’apparenter à deux dirhams.
Plus d’un linguiste a tenu le même raisonnement : s’il dit « Un dirham, sauf un dâniq » (un sixième de dirham), il reconnaît un dirham diminué d’un dâniq ; mais s’il dit « Un dirham, sauf un dâniq » avec le dâniq au nominatif, il admet un dirham complet.
Le qâdî Abû Yaʿlâ rapporte également cet exemple – dans le cadre de la question de la repentance du calomniateur – et précise : les grammairiens jugent que celui qui déclare : « Je lui dois dix dirhams, sauf cinq dirhams, sauf trois dirhams » reste redevable de sept. En effet, le dernier « sauf » se rattache aux dix, tandis que le premier n’est pas, à proprement parler, une exception mais un qualificatif, car, pour constituer un véritable istithnâʾ (exception), le terme exclu devrait être à l’accusatif ; employé au nominatif, il sert d’épithète. C’est comme s’il disait : « Je dois dix dirhams, autres que cinq que je ne détaille pas. » Les cinq, demeurant vagues et non précisées, ne l’engagent donc pas ; en revanche, la clause « sauf trois » est une exception valide et retourne aux dix.
Il conclut : « Cela démontre la nullité de la question qu’ils ont soulevée – à savoir l’exception retranchant une autre exception – et montre que leur objection n’est pas fondée. »
وقال أبو بكر بن الأنباري في «الكافي»: واعلم أنه ليس من كلام العرب أن يستثنى من الشيء نصفه، فقبيح أن يقول: لزيد عليَّ عشرة إلا خمسة.
فصل
قال النحاة ــ ومنهم ابن السراج ــ: في الأول إذا قال: له عندي مائة درهم إلا درهمين، فهو استثناء، فيكون مقرا بثمانية وتسعين، وإذا قال: مائة إلا درهمان، فهو صفة، ويكون مقرا بمائة، لأن التقدير مائة مغايرة لدرهمين، وكذلك لو قال: مائة غير الألف، لأن الصفة تقضي على الموصوف، ولو قال: ألف مثل مائة، أو ألف مثل درهمين، كان مقرا بمائة ودرهمين، لأن أجزاء المائة قد تماثل درهمين.
وكذلك قاله غير واحد من النحاة، إذا قال: درهم إلا دانقا، فهو مقر بدرهم إلا دانق، وإذا قال: درهم إلا دانق ــ بالرفع ــ، فهو مقر بدرهم كامل.
وكذلك ذكر القاضي أبو يعلى ــ في مسألة توبة القاذف مستشهدا به ــ قال: وعلى أن النحاة قالوا: إذا قال: له عليَّ عشرة دراهم إلا خمسة دراهم إلا ثلاثة دراهم، أنه يلزمه سبعة، ويرجع الأخير إلى العشرة، والاستثناء الأول ليس في الحقيقة باستثناء، وإنما هو وصف للعشرة، لأن الاستثناء منها يجب أن يكون منصوبًا، فإذا كان مرفوعا كان وصفا، فكأنه قال: عليَّ عشرة غير خمسة لا أذكرها، فالخمسة مبهمة غير مفسرة فلا تلزمه، وقوله: إلا ثلاثة، فإنها استثناء صحيح، فيرجع إلى عشرة.
قال: وهذا يدل على بطلان السؤال الذي ذكروه، يعني: الاستثناء من الاستثناء، وهذا الاعتراض عليهم ليس بصحيح.