Ahmad l’a explicitement affirmé. Le shaykh Muwaffaq ad-Dîn précise qu’il ne connaît, sur ce point, aucune divergence ; d’autres auteurs rapportent même l’unanimité, et lui-même la mentionne également s’agissant de l’exception du tout. En effet, retrancher la part moindre correspond à l’usage linguistique des Arabes – c’est fréquent dans le Livre et la sunna –, tandis que son inverse, l’exception du tout, ne s’y rencontre pas.
Ibn Ṭalḥa al-Mâlikî déclare dans son ouvrage Al-Madkhal, à propos de celui qui dit : « Tu es répudiée trois fois, sauf trois » : deux avis existent quant au caractère obligatoire du divorce, selon que l’on considère la formule comme une exception effective ou comme un simple regret.
Al-Qarâfî observe que l’absence d’obligation impliquerait la possibilité d’exclure le tout du tout.
Le shaykh Taqî ad-Dîn rétorque : « Il n’en est rien ; ce raisonnement ne vaut que d’après l’opinion de Mâlik, dont le fondement a déjà été exposé. » Il ajoute : « Un groupe de linguistes arabes estime qu’il est licite d’exclure une portion numériquement correcte, comme dix ou vingt sur cent, deux sur dix ; voire même une fraction non entière, telle que cinq sur cent ou la moitié sur dix. » Fin de citation. [an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/454].
Il dit encore : (son propos (1) : « et l’exception inférieure au plus grand, d’après l’avis le plus fiable »).
L’imâm Ahmad l’a énoncé clairement au sujet du divorce dans la version rapportée par Isḥâq : si quelqu’un dit : « Tu es répudiée trois fois, sauf deux », le divorce compte pour trois. La plupart des condisciples de l’école l’ont tranché ainsi, au point que le Mughnî affirme : « Il n’existe aucune divergence dans le madhhab à ce propos. » Abû Yûsuf (2) et ʿAbd al-Malik b
(1) Autrement dit : l’auteur de al-Muḥarrar.
(2) Dans la 1ʳᵉ édition, on trouve l’ajout « wa Muḥammad ibn », omis dans la 2ᵉ édition. Dans sa note critique, l’éditeur précise : « Dans “M”, on lit “Muḥammad ibn ‘Abd” ; cette lecture figurait à l’origine dans le manuscrit. » Fin de la note.
نصَّ أحمد على ذلك، وذكر الشيخ موفق الدين: أنه لا يعلم في ذلك خلافا، وحكى غيره الإجماع، وحكاه أيضًا هو في استثناء الكل، لأن استثناء الأقل لغة العرب، وهو في الكتاب والسنة كثير، وعكسه استثناء الكل.
وقد قال ابن طلحة المالكي في كتاب «المدخل» ــ فيما إذا قال: أنت طالق ثلاثا إلا ثلاثا ــ: في لزوم الطلاق له قولان، بناءً على أنه استثناء أو أنه ندم.
قال القرافي: فعدم اللزوم يقتضي جواز استثناء الكل من الكل.
قال الشيخ تقي الدين: ليس كذلك، وإنما على قول مالك يمشي هذا، وقد تقدم أصله.
قال: وذهبت طائفة من أهل العربية إلى أنه يجوز أن يستثنى عقد صحيح، مثل العشرة والعشرين من المائة الواحدة، والاثنين من العشرة، بل بعض عقد كالخمسة من المائة، والنصف من العشرة. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٤٥٤].
- وقال أيضا: (وقوله (١): «ودون الأكثر على الأصح».
نص عليه الإمام أحمد في الطلاق في رواية إسحاق، فيمن قال: أنت طالق ثلاثا إلا اثنتين: هي ثلاث، وقطع به أكثر الأصحاب حتى قال في «المغني»: لا يختلف المذهب فيه، وبه قال أبو يوسف (٢) وعبد الملك بن
(١) أي: صاحب «المحرر».
(٢) في ط ١ زيادة: (ومحمد بن) وحذفت من ط ٢, وقال محققها في الحاشية: (في «م»: «محمد بن عبد» , وقد ضرب في الأصل على «محمد بن عبد») ا. هـ.