qu’il s’agisse d’un mécréant d’origine ou d’un apostat pour dénégation, s’il accomplit la prière on statue qu’il a retrouvé l’Islam ; la seule question demeure celle de la validité de cette prière avant qu’il ne renouvelle les deux attestations de foi. Ce point est traité dans le chapitre de l’apostat, d’autant que l’incroyant devient musulman dès qu’il atteste que Muḥammad – que la prière et le salut soient sur lui – est Envoyé de Dieu, puisque cette affirmation implique déjà l’unicité divine.
De la même manière, s’il déclare simplement : « Je suis musulman », il est tenu pour tel. Quant au cas du zindîq, l’avis le plus plausible est également que, si son repentir est accepté, il doit préciser qu’il s’en repent intérieurement ; et s’il ne le dit pas, il se peut néanmoins que son for intérieur ait changé. Fin de la citation.
Les propos d’Ibn ʿAqîl laissent entendre qu’on le déclare musulman par les seules deux attestations, comme on s’en contente pour le zindîq ; elles jouent alors le rôle d’une première preuve.
Il ressort ainsi trois positions : (1) c’est la prière qui suffit, (2) ce sont les deux attestations, (3) il faut l’une et les autres.
S’agissant de l’opinion de Shaykh Taqî ad-Dîn – citée dans la section consacrée à l’apostat –, il rapporte à propos de l’apostat proprement dit et de la validité de sa prière :
– Al-Qâḍî dit : « La prière est invalide, mais nous jugeons par elle qu’il redevient musulman, tout comme nous le faisons avec les deux attestations : lorsqu’elles sont prononcées, nous le tenons pour musulman sans qu’elles prouvent un Islam antérieur. »
– Abû l-Khaṭṭâb soutient au contraire : « Sa prière est valide et suffisante d’un point de vue extérieur. » …
Shaykh Taqî ad-Dîn conclut : « Parmi les conditions de la prière figure la priorité des deux attestations, qui supposent l’Islam. Lorsqu’il se rapproche de Dieu par la prière, il redevient musulman grâce à elle, même s’il se trouve en état d’impureté mineure. Toutefois, il n’est pas permis de prier derrière lui en raison de l’absence de cette condition – et non parce qu’il manquerait de foi ; dès lors il lui incombe de recommencer sa prière. » Fin de citation.