Ramification : il n’existe aucune différence quant à la validité de l’aveu, que celui-ci porte sur un bien acquis par ghasb (usurpation), sur une wadîʿa (dépôt), sur un qarḍ (prêt) ou sur toute autre créance ; plusieurs auteurs l’ont expressément indiqué.
Shaykh Taqî ad-Dîn déclare : « Si le dépositaire affirme : “Il a chez moi des dirhams” ou : “Il m’a confié des dirhams”, puis ajoute ensuite : “Ils sont contrefaits”, “Ils sont rognés”, ou toute autre précision de ce genre, sa parole doit être acceptée moyennant serment. En effet, s’il prétendait qu’il les a restitués ou qu’ils ont péri, sa déclaration, accompagnée de son serment, serait recevable ; or, l’allégation d’une altération n’est pas plus grave que celle d’une restitution. Tout au plus pourrait-on objecter que la revendication de restitution ou de perte ne contredit pas l’aveu initial, alors que la revendication d’un défaut qualitatif le fait. Néanmoins, il demeure digne de confiance dans l’un et l’autre cas : il ne fait qu’avancer une affirmation contraire à la présomption ordinaire, et celle-ci est recevable de sa part. » Fin de citation. ⦗al-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/437⦘
Il ajoute encore : « Certains estiment qu’il n’y a pas d’aveu valable lorsqu’il est immédiatement suivi d’une rectification, et c’est l’opinion retenue par notre maître. » ⦗al-Furûʿ 6/629 (11/441)⦘
1602 – Celui qui reconnaît une amâna (fiducie) et enchaîne aussitôt son propos par une précision recevable :
Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî ad-Dîn traite ici plusieurs cas, mais, pour la plupart, l’avis réputé diverge du sien. Ainsi, si quelqu’un déclare avoir déjà “reconnu”, puis ajoute : “J’ai formulé cet aveu avant la prise de possession”, ou : “J’ai reconnu qu’il n’avait rien chez moi afin d’écarter tout soupçon”, ou encore : “J’ai reconnu avoir perçu ce qu’il me devait pour qu’il ne soit pas inquiété”, et propos analogues, il n’est pas déraisonnable de considérer que cet ‘aveu d’aveu’ constitue bel et bien un aveu.
De même, s’il dit : “La somme qu’il a chez moi est un rahn (gage)”, on peut, semble-t-il, ranger ce cas dans la même catégorie. À plus forte raison, s’il déclare : “Il m’a confié une somme et m’a autorisé à la distribuer en ṣadaqa (aumône)”, la chose est manifeste.
S’il dit encore : “Il m’a permis d’en consommer à ma convenance et je l’ai effectivement consommée”, la même règle s’applique.
Enfin, si l’héritier affirme : “Mon de cujus avait chez toi mille unités en wadîʿa (dépôt)”, et que l’intéressé réponde : “Il m’a confié mille dirhams et m’a ordonné de les donner en ṣadaqa ou de les remettre à Untel”, il convient de juger de la même manière.