L’avis retenu par la majorité est donc qu’il relève du même statut que les mécréants. – D’après une autre version rapportée d’Aḥmad (w : m sh), il encourt une peine relevant des ḥudûd, et son cas est alors assimilé à celui des grands pécheurs. Shaykh al-Islâm a déclaré : « C’est ainsi que les juristes ont posé la question ; toutefois, il est inconcevable qu’une personne croie que Dieu, Exalté soit-Il, a rendu la prière obligatoire, qu’elle s’en abstienne tout en acceptant d’être exécutée : jamais personne n’a fait pareille chose. » [Al-Furûʿ, 1/294 (1/417)] (1)
123 – Rendre publique l’abandon de la prière et boycotter son auteur
Ibn Mufliḥ écrit : « Il convient de faire savoir qu’il délaisse la prière jusqu’à ce qu’il la célèbre. C’est l’avis de notre maître. Il a ajouté : “Il ne faut ni le saluer ni répondre à son invitation.” » [Al-Furûʿ, 1/294 (1/417)] (2)
124 – L’apostat pour abandon de la prière redevient musulman en la pratiquant
Ibn Mufliḥ rapporte : « Ibn ʿAqîl écrit dans Al-Funûn à propos de celui qui a délaissé la prière par négligence – et certains disent : par mécréance – : s’il est devenu mécréant, par quoi redevient-il musulman ? Par la double attestation de foi ou par le simple accomplissement de la prière ? … » Après avoir cité en détail ses propos, il poursuit :
« Shaykh Taqî ad-Dîn a dit : “L’opinion la plus juste est qu’il redevient musulman dès qu’il accomplit la prière, sans nécessiter le renouvellement des deux attestations, car son acte d’incroyance réside dans son refus d’agir – à l’instar d’Iblîs qui a mécru pour avoir refusé la prosternation, ou de celui qui refuse la Zakât et combat pour l’empêcher – et non dans un simple mutisme. Dès lors qu’il agit, il redevient musulman, tout comme le négateur qui se met à croire. La prière d’un tel mécréant est valable, de la même façon que le témoignage d’un ancien négateur devient valable lorsqu’il croit, car sa prière constitue en elle-même son repentir de l’incroyance. Quant au fait qu’il redevienne musulman, selon nos principes, par le seul fait de la prière, cela est manifeste, car le mécréant…”