Au sujet de l’expression : « lorsqu’il prétend… », Shaykh Taqî ad-Dîn remarque : il est indispensable que la réclamation prenne soit la forme d’une affirmation – par exemple : « J’ai un droit chez lui » ou « Il me doit… » –, soit la forme d’une demande, telle que : « Donne-moi ce qui m’est dû. » Fin de citation.
Cela est évident : si le créancier dit : « Remets-moi cent (dirhams) » et que l’autre répond : naʿam (oui), il ne s’ensuit pas nécessairement que la somme lui soit due ; la réponse peut tout aussi bien concerner un dépôt, un prêt ou autre chose. En revanche, s’il déclare : « Donne-moi mon esclave » ou : « Donne-moi les mille (dirhams) que tu me dois » et que le débiteur réplique : naʿam, il a confessé la dette – avis tranché par Shaykh Muwaffaq ad-Dîn et d’autres – car il confirme ainsi la prétention : le mot naʿam entérine ce qui précède. Il n’en va pas de même s’il dit seulement : « Prends-la » ou « Prends » ; ces formules ne sont pas des attestations, mais un simple fait de mise à disposition, et offrir la chose litigieuse n’implique pas, à lui seul, qu’elle soit effectivement due ; aucune difficulté, donc.
Shaykh Taqî ad-Dîn poursuit, immédiatement après l’exposé de Shaykh Muwaffaq ad-Dîn : « La question appelle discussion : ici, naʿam répond à une demande, or la réponse à une demande exprime l’obéissance et l’offre. Qu’elle constitue un aveu fait l’objet de deux opinions. Ce naʿam n’a pas plus de portée que l’expression : “Prends-la” ; il s’apparente même davantage à une simple remise. Il en est ainsi de formules comme : “Tout de suite je te la donne”, “Oui, je te la donne” ou encore : “Avec honneur et considération.” »
Quant au fait que le demandeur qualifie la chose de « chez toi », on trouve des exemples semblables dans les demandes, qu’elles prennent la forme interrogative ou impérative, tels que : « Cet homme intègre a-t-il chez toi mille (dirhams) ? », « Cette femme que tu as répudiée a-t-elle chez toi mille (dirhams) ? », « La femme que tu as divorcée t’a-t-elle déchargé de toute prétention ? » ou encore lorsque cette divorcée déclare : « Je t’ai déchargé ; me crois-tu ? », et qu’il répond : naʿam. Fin de citation.
Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : les grammairiens enseignent que naʿam est la réponse à une interrogation, mais, dans l’usage courant, il tient la place de ajl, tout comme ajl est employé pour répondre à une question. Fin de citation.