Quant à l’autre approche, on assimile le cas à celui d’un bien perdu ou dont la situation juridique est inconnue : l’esclave est déclaré libre et la valeur pécuniaire transférée au *bayt al-mâl* (Trésor public). Ici, en revanche, il est traité comme une personne de filiation inconnue, si bien que l’auteur de l’aveu peut renouveler sa reconnaissance, laquelle est de nouveau recevable (1).
Le fond de la question est le suivant : la rétractation d’une prétention est admise, tandis que la rétractation d’un aveu ne l’est pas. Or, lorsqu’un aveu ne concerne ni un droit d’Allah ni un droit humain, il relève des prétentions, et l’on peut donc s’en rétracter. — Fin de la citation. ⦗An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar 2/403-404⦘.
1582 – Question :
Ibn Mufliḥ rapporte (2) : « Celui qui reconnaît un enfant né d’une femme, puis, après la mort de l’auteur de l’aveu, cette femme se présente en revendiquant le statut d’épouse ; son mariage n’est pas établi du seul fait de cette prétention. »
Ainsi l’ont mentionné les maîtres, et tel est également l’avis d’Ach-Shâfiʿî. Abû Ḥanîfa, pour sa part, estime que si la femme est libre et d’ascendance connue, elle est considérée comme son épouse, par préférence (*istihsân*).
Le Qâḍî ajoute : « Objectera-t-on que, d’après Abû Bakr dans la section du mariage de Al-Muqniʿ — et l’imâm Aḥmad l’a laissé entendre —, lorsqu’un homme vend son esclave à quelqu’un, que celle-ci met au monde un enfant chez l’acheteur, puis que le vendeur revendique cet enfant et que l’acheteur le croit, elle devient *umm walad* (mère d’enfant) du vendeur ? On a alors interprété l’aveu concernant l’enfant comme la preuve qu’elle se trouvait encore dans la propriété du vendeur lors de la conception, et non comme le résultat d’un rapport douteux (*waṭʾ shubha*). Dès lors, ne devrait-on pas, de la même façon, interpréter l’aveu relatif à l’enfant comme la preuve d’un mariage dûment contracté ? »
(1) En marge de al-Nukat : (en marge de l’édition originale : concernant la note d’Ibn Shaykh al-Islamiyya sur ces propos de Shaykh Taqî al-Dîn : «on l’accepte comme aveu»).
(2) C’est-à-dire l’auteur d’al-Muḥarrir.
وهناك على الوجه الآخر: نجعله بمنزلة المال الضائع أو المجهول الحال، فيحكم بالحرية وبالمال لبيت المال، وهنا يكون بمنزلة المجهول النسب فيقبل منه الإقرار به (١) ثانيا.
وسر المسألة أن الرجوع عن الدعوى مقبول، والرجوع عن الإقرار غير مقبول، والإقرار الذي لم يتعلق به حق لله ولا لآدمي هو من باب الدعاوى فيصح الرجوع عنه. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٤٠٣ - ٤٠٤].
١٥٨٢ - مسألة:
- قال ابن مفلح: (قوله (٢): «ومن أقر بطفل له أم، فجاءت بعد موت المقر تدعي زوجيته لم تثبت بذلك».
كذا ذكره الأصحاب، وهو قول الشافعي، وقال أبو حنيفة: إن كانت حرة معروفة الأصل فهي زوجة استحسانا.
وقال القاضي: فإن قيل: أليس قد قال أبو بكر في النكاح من «المقنع»: وأومأ إليه الإمام أحمد في رجل باع أمة له من رجل فولدت عند المشتري ولدا فادعاه البائع أنه ولده وصدقه المشتري أنها تصير أم ولد للبائع، فحمل إقراره بالولد على أنه كان في ملكه، ولم يحمله على وطء شبهة، لذلك يجب أن يحمل إقراره بالولد على أنه كان في زوجية؟
(١) في هامش «النكت»: (بهامش الأصل: في نكت ابن شيخ السلامية في كلام الشيخ تقي الدين هذا: «فيقبل به الإقرار»).
(٢) أي: صاحب «المحرر».