Le Maymûnî rapporte d’après l’Imâm Aḥmad : « Si deux hommes revendiquent l’épousaille d’une femme, qu’elle reconnaît l’un d’eux et que celui-ci produit (1) deux témoins tandis qu’aucun tuteur ne se présente, on prononce la séparation entre eux. S’il arrive qu’elle les renie tous deux et que, pour chacun d’eux, se dresse une preuve qu’elle est son épouse, on se conforme alors à l’avis du tuteur, car chacun d’eux contredit la déposition de l’autre ; et, à défaut de tuteur, le mariage est annulé. » Il poursuit : « Il ressort de là que son aveu n’est pas accepté. Si, en revanche, le tuteur reconnaît l’un d’eux, son aveu est reçu et l’on adjugera la femme à celui que le tuteur a confirmé. Lorsque deux attestations se contredisent à propos d’un mariage, elles s’annulent l’une l’autre et les intéressés sont dès lors considérés comme dépourvus de preuve ; l’aveu accompagné d’un témoignage a donc le même effet que s’il en était dépourvu. L’aveu du tuteur est admis parce qu’il détient le pouvoir de conclure le contrat en son nom ; la question est posée dans le cas où le tuteur possède le droit de la contraindre au mariage : qui détient le pouvoir de contracter détient aussi celui d’en reconnaître l’existence. Quant à la femme, son aveu n’est pas retenu ici, pour les raisons que nous exposerons. Mais si un unique demandeur se présente et qu’elle l’admet, son aveu est-il recevable ou non ? La réponse se décline en deux versions, explicitement formulées à propos de l’esclavage : lorsqu’un homme prétend qu’une femme est sa captive et qu’elle l’admet. » Il ajoute : « Le même statut juridique vaut pour l’affranchissement et pour le mariage, car l’acte qui les dissout repose sur le principe de prépondérance et de propagation, à savoir l’affranchissement et la répudiation. » Shaykh Taqî ad-Dîn commente : « Sa parole (2) : “Lorsque deux hommes revendiquent le mariage d’une femme, qu’elle reconnaît l’un d’eux, que celui-ci se présente avec deux témoins et qu’aucun tuteur ne se présente, on les sépare” signifie qu’on prononce la séparation alors même que la preuve du mariage est établie. Cela montre que la décision ne procède pas du rejet de l’aveu, puisque le témoignage confirme précisément ce qu’elle a reconnu ; de plus, dans l’expression “qu’il se présente”, le pronom est au singulier et non au duel — tel est le sens apparent, car… »
(1) Dans la 1re édition, on lit «وجاءا» ; la lecture confirmée figure dans la 2e édition. (2) C’est-à-dire l’imam Ahmad.
نقل الميموني عن الإمام أحمد: إذا ادعيا امرأة وأقرت لواحد منهما وجاء (١) بشاهدين ولم يجئ ولي فرق بينهما، فإن أنكرتهما وقامت لكل واحد منهما بينة أنها امرأته فهو على ما يقول الولي، لأن كل واحد منهما مكذب بينة صاحبه، فإن لم يكن ولي فسخت النكاح. قال: وظاهر هذا أنه لا يقبل إقرارها، وإذا أقر الولي لأحدهما قبل إقراره وحكم بها لمن أقر له الولي، وحكم البينتين إذا تعارضتا في النكاح أن تسقطا ويكونان كمن لا بينة لهما، فيجري الإقرار مع البينة مجراه مع عدمها، وإنما قبل إقرار الولي لأنه يملك العقد عليها، لأن المسألة محمولة على أن الولي يملك الإجبار على النكاح، ومن ملك العقد ملك الإقرار به، فأما المرأة فلم يقبل إقرارها في هذا الموضع لما نذكره، فإن كان المدعي واحدًا فأقرت له فهل يقبل إقرارها أم لا؟ يتخرج على روايتين، نص عليهما في الرق إذا ادعى رجل رق امرأة فأقرت له. قال: وحكم العتق والنكاح سواء، لأن المزيل لهما مبني على التغليب والسراية، وهو العتق والطلاق. قال الشيخ تقي الدين: قوله (٢): «إذا ادعيا نكاح امرأة وأقرت لواحد منهما وجاء بشاهدين ولم يجئ بولي فرق بينهما» مضمونها أنه يفرق بينهما مع قيام البينة بالنكاح وهذا يبين أنه لم يكن لرد الإقرار، لأن البينة قد شهدت بما أقرت به، لأن قوله: «وجاء» فيه ضمير مفرد لا مثنى، هذا ظاهره، لأنه
(١) في ط (١): «وجاءا» والمثبت من ط ٢. (٢) أي: الإمام أحمد.