1574 – Lorsque la femme reconnaît pour elle-même l’existence d’un mariage : – Ibn Mufliḥ dit : (À propos de la phrase (1) : « D’après [Aḥmad] : l’aveu est accepté, et c’est l’opinion la plus correcte. ») Cette position est également celle d’Abū Ḥanīfa et d’aš-Šâfiʿî, car il s’agit d’un droit qui la concerne ; son aveu est donc recevable, comme si elle reconnaissait une dette. Les maîtres — qu’Allah leur fasse miséricorde — ont d’ailleurs soutenu que, si deux personnes revendiquent un esclave et que celui-ci déclare appartenir à l’une d’elles, l’esclave est attribué à celle en faveur de qui il a parlé ; ils entendent par là que l’esclave n’est alors dans la main d’aucun des deux, comme s’ils l’avaient précisé. Abū Ḥanīfa, cependant, considère que l’on ne tient pas compte de cet aveu et que l’esclave reste commun entre eux. Ils argumentent en disant que celui dont l’aveu est valable au profit d’un demandeur unique l’est également lorsqu’il vise l’un des deux plaideurs, à l’image de celui qui détient de l’argent et le reconnaît pour autrui ; ce raisonnement s’applique à notre cas. Il est clair que l’on parle ici de la femme non contrainte ; quant à la *mujbira* (femme que son tuteur peut marier sans son accord), son aveu n’est pas recevable. Shaykh Taqî ad-Dîn déclare : « Pour la femme contrainte, il n’y a aucun sens à accepter sa parole. » Il ajoute : « Les propos d’al-Qâḍî et du Jadd, bien qu’ils assimilent l’aveu de la femme contrainte à celui des autres, sont extrêmement faibles ; la *mujbira* en mariage est comparable au prodigue (*safîh*) en matière financière : s’il reconnaît une vente, celle-ci n’est pas valide, même s’il dit vrai, car son aveu porte sur le droit d’autrui. » ⦗An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/394-395⦘. 1575 – Lorsque deux hommes prétendent chacun être l’époux d’une même femme : – Ibn Mufliḥ rapporte : (À propos de la phrase (2) : « D’après [Aḥmad] : si un seul homme revendique la qualité de mari, on accepte sa parole ; mais si deux hommes la revendiquent, on ne l’accepte pas, ainsi que le rapporte al-Maymûnî. »)
(1) L’auteur du Muḥarrar. Sa formulation intégrale est la suivante : « Et si la femme consent elle-même au mariage, selon lui cela n’est pas valable, puis il ajoute que cela est valable, ce qui est la position la plus juste. » (2) L’auteur du Muḥarrar.
١٥٧٤ - إذا أقرت المرأة على نفسها بالنكاح: - قال ابن مفلح: (قوله (١): «وعنه: يقبل، وهو الأصح». وهو قول أبي حنيفة والشافعي، لأنه حق عليها فقبل، كما لو أقرت بمال، وقد قال الأصحاب رحمهم الله تعالى: إذا ادعى اثنان عبدا فأقر أنه لأحدهما فهو للمقر له، ومرادهم: وليس هو في يد أحد كما لو صرحوا به. وقال أبو حنيفة: لا يلتفت إلى إقراره، وهو بينهما، واحتجوا بأن من صح إقراره للمدعي إذا كان منفردًا صح إذا كان لأحد المتداعيين، كالذي في يده مال وأقر به لغيره، وهذا التعليل جار في مسألتنا، ولا خفاء أن المراد غير المجبرة، أما المجبرة فلا يقبل إقرارها. قال الشيخ تقي الدين: المجبرة لا معنى لقبول قولها. وقال أيضا: وكلام القاضي والجد وإن تضمن أن إقرار المجبرة بالنكاح كإقرار غيرها فهو في غاية الضعف، فإن المجبرة في النكاح بمنزلة السفيه في المال إذا أقر بعقد بيع، لا يصح وإن صدق في إقراره، لأنه إقرار على الغير) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٩٤ - ٣٩٥]. ١٥٧٥ - إذا ادعى زوجية المرأة اثنان: - قال ابن مفلح: (قوله (٢): «وعنه: إن ادعى زوجيتها واحد قُبل، وإن ادعاها اثنان لم يُقبل، نقلها الميموني».
(١) أي: صاحب «المحرر»، وتمام كلامه: (وإذا أقرت المرأة على نفسها بالنكاح فعنه: لا يقبل، وعنه: يقبل وهو الأصح). (٢) أي: صاحب «المحرر».