est valable, selon l’analogie retenue par l’école, parce qu’il y a adjoint une mention qui l’annule ; c’est comme s’il avait déclaré : « Ces mille dirhams ne m’incombent pas. » En revanche, s’il avait dit : « Il m’a prêté mille dirhams », l’aveu ne vaudrait pas, car, le prêt étant éteint, il ne subsiste rien qui puisse fonder la reconnaissance.
Shaykh Taqî ad-Dîn commente : La clause qui contredit l’aveu de manière manifeste dans la formulation même ne pose pas de difficulté. Quant à la clause juridiquement contradictoire — par exemple : « provenant du prix du vin » ou « du porc » — deux avis sont rapportés. Enfin, la clause qui le contredit rationnellement revient au même que s’il disait : « Mille dirhams provenant du prix d’une marchandise vendue il y a mille ans » ou « d’un loyer dû il y a cent ans », et ainsi de suite. ⦗An-Nukat ‘alâ al-Muḥarrar, 2/391⦘.
1573 – Lorsqu’une personne reconnaît une créance n’impliquant pas le droit d’un tiers, que le bénéficiaire ainsi reconnu nie alors son droit et le démentit, puis qu’il revient finalement à sa première prétention :
— Ibn Mufliḥ dit : (À propos de la phrase (1) : « Et s’il revient à sa revendication avant cela, il existe deux avis. »)
Premier avis : on accepte sa parole, car il réclame un bien sur lequel personne ne le conteste.
Deuxième avis : on la rejette, parce que, l’ayant démenti, son droit n’a pas été établi et il n’est pas détenteur du bien pour que sa déclaration soit recevable.
Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : Les deux positions s’appliquent à toute affaire dans laquelle le droit d’autrui n’est pas engagé et où l’intéressé nie son propre droit ; pour la filiation, le droit appartient à l’enfant, et, s’agissant du mariage, nous verrons plus loin qu’il existe également deux avis. ⦗An-Nukat ‘alâ al-Muḥarrar, 2/393⦘.