1571 – Lorsqu’une personne reconnaît une dette au profit du fœtus qu’une femme porte, puis que celui-ci est expulsé mort-né : — Ibn Mufliḥ dit : (À propos de la phrase (1) : « … sauf si elle le met au monde mort-né ou s’il apparaît qu’elle n’était pas enceinte ; alors l’aveu est annulé. » Plusieurs auteurs tranchent ainsi, la condition n’étant plus remplie. Al-Mughnî et al-Kâfî précisent que, si l’enfant sort mort et que l’aveu avait été rattaché à un droit successoral ou à un legs, la somme retourne aux héritiers du testateur et à ceux de l’enfant. Mais si l’aveu a été formulé sans préciser de cause, on oblige l’intéressé à la nommer, et l’on se fie à sa déclaration. S’il devient impossible d’expliquer son propos — à cause du décès du fœtus ou pour toute autre raison — l’aveu est nul, tout comme lorsqu’on reconnaît une dette envers une personne alors que l’on ignore qui est visé par cet aveu. Shaykh Taqî ad-Dîn commente : Le texte laisse entendre que l’aveu est, de manière générale, caduc. Il ajoute : Il est établi que la somme revient au fœtus, que ce soit par héritage ou par legs ; or, si le fœtus est expulsé mort-né, l’argent revient à certains héritiers. Lorsqu’on ne peut pas identifier ces derniers, la situation équivaut à celle de quelqu’un qui déclare : « Les biens que j’ai en main sont un dépôt ou un bien usurpé », sans désigner le propriétaire, ou qui dit : « J’ignore précisément de qui il s’agit. ») ⦗389-390⦘. 1572 – S’il dit : « Je dois à ce fœtus mille dirhams qu’il m’a prêtés » : — Ibn Mufliḥ rapporte : (Si quelqu’un affirme : « Je dois à ce fœtus mille dirhams qu’il m’a prêtés », Shaykh Muwaffaq ad-Dîn, en se fondant sur l’opinion d’Ibn Ḥâmid (2), estime que son aveu est valable
(1) L’auteur du Muḥarrar, dont la phrase complète est : « Wa-man aqarra li-hamli imra’a bi-mal sahha illa an tulqiyahu… » (et « celui qui reconnaît avoir accepté de porter pour une femme moyennant une somme est valide, sauf s’il ne la restitue… »). (2) Dans le Muḥarrar, après avoir exposé ce qui précède, il ajoute : « Wa in waladat dhakaran wa-untha hayyan fahuwa lahuma bil-siwa illa an yu’izzahu ila ma yujib at-tafadol min irth aw wasiyya taqtaḍihi, fayu’mal bihi, wa hadha qawl Ibn Hamid » (et « si elle met au monde un garçon et une fille vivants, ils en sont titulaires à parts égales, sauf si l’on applique une disposition entraînant une différenciation en matière d’héritage ou prescrite par un testament ; dans ce cas, elle prévaut »). Tel est l’avis d’Ibn Ḥāmid.
١٥٧١ - إذا أقر لحمل امرأة فألقته ميتا: - قال ابن مفلح: (قوله (١): «إلا أن تلقيه ميتا أو يتبين أن لا حمل فيبطل». كذا قطع به غير واحد لفوات شرطه، وذكر في «المغني» و «الكافي» أنه إذا خرج ميتا وقد كان عزى الإقرار إلى إرث أو وصية عادت إلى ورثة الموصي وموروث الطفل، وإن أطلق الإقرار كلف ذكر السبب فيعمل بقوله، فإن تعذر التفسير بموته أو غيره بطل إقراره، كمن أقر لرجل لا يعرف من أراد بإقراره. قال الشيخ تقي الدين: ظاهر ما في الكتاب يبطل مطلقا. وقال أيضا: قد ثبت أن المال للحمل إما إرثا أو وصية، وأنَّه بإلقائه ميتا يكون لورثة ما، فإذا لم يعرفوا ذلك يكون بمنزلة أن يقول: هذا المال الذي في يدي وديعة أو غصب ولا يذكر المالك، أو يقول: لا أعرف عينه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٨٩ - ٣٩٠]. ١٥٧٢ - إذا قال: لهذا الحمل عليَّ ألف درهم أقرضنيها: - قال ابن مفلح: (وإن قال: لهذا الحمل عليَّ ألف درهم أقرضنيها، فذكر الشيخ موفق الدين ــ تفريعا على قول ابن حامد (٢) ــ: أنه يصح إقراره
(١) أي: صاحب «المحرر»، وتمام عبارته: (ومن أقر لحمل امرأة بمال صح إلا أن تلقيه ... ). (٢) قال في «المحرر» بعد كلامه السابق: (وإن ولدت ذكرا وأنثى حيين فهو لهما بالسوية إلا أن يعزوه إلى ما يوجب التفاضل من إرث أو وصية تقتضيه، فيعمل به، وهذا قول ابن حامد).