Quant à la seconde question, puisque les biens de l’esclave appartiennent à son maître, l’aveu que celui-ci ferait au profit de son esclave équivaudrait à un aveu adressé à lui-même et n’est donc pas recevable ; la réserve signalée dans la question précédente demeure toutefois possible. Et Shaykh Taqî ad-Dîn précise : « La recevabilité de l’aveu du maître envers son esclave dépend de ce point : si l’on considère que l’esclave possède effectivement des biens, peut-on ou non établir à son profit une créance sur son maître ? » Fin de citation (an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/386-387) (1). 1568 – Aveu en faveur de l’esclave d’autrui concernant une somme d’argent ; 1569 – Aveu en sa faveur portant sur un mariage, un droit de qiṣāṣ, une peine disciplinaire (taʿzîr) ou la peine de calomnie (ḥadd al-qadhf) : – Ibn Mufliḥ rapporte : « Shaykh Taqî ad-Dîn dit : “Si l’on admet que l’esclave peut accepter un don ou un legs sans l’autorisation de son maître, l’aveu n’a pas besoin de la ratification de ce dernier. On peut même soutenir, au contraire (2), qu’il en va de même quand on ne l’admet pas, par exemple lorsque l’esclave est devenu propriétaire d’un bien licite resté sans maître et que l’on le reconnaît en nature, ou encore lorsqu’on l’a détruit et que l’on s’oblige à en payer la valeur.” » Fin de citation ; l’opinion est fondée. Branche : si quelqu’un reconnaît à un esclave un mariage, un droit de qiṣāṣ, une peine disciplinaire ou la peine de calomnie, l’aveu est valide même si le maître le dément, comme l’ont mentionné Shaykh Muwaffaq ad-Dîn et d’autres, car ce droit appartient à l’esclave et non à son maître. Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute toutefois : « Pour ce qui est du mariage, la question mérite examen. » Fin de citation. Il limite ainsi la réserve au seul mariage, car celui de l’esclave n’est valable qu’avec l’autorisation de son maître ; l’existence d’un tel mariage pouvant léser ce dernier, l’aveu n’est donc accepté qu’avec son approbation, à l’instar de l’aveu de l’auteur d’un homicide involontaire, reçu seulement avec l’agrément des ayants droit (an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/387-388) (3).
(1) Al-Ikhtiyârât de al-Ba‘lî, p. 530. (2) Dans la 2ᵉ édition et dans Al-Ikhtiyârât : (balâ). (3) Al-Ikhtiyârât de al-Ba‘lî, p. 530.
وأما المسألة الثانية: فلما تقدم من أن مال العبد لسيده، فلا يصح إقراره لنفسه، وفيه الاحتمال في التي قبلها. وقال الشيخ تقي الدين: وإقرار سيده له ينبني على أن العبد إذا قيل: يملك، هل يثبت له دين على سيده؟ انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٨٦ - ٣٨٧] (١). ١٥٦٨ - إذا أقر لعبد غيره بمال: ١٥٦٩ - وإذا أقر له بنكاح أو قصاص أو تعزير أو حد قذف: - قال ابن مفلح: (وقال الشيخ تقي الدين: إذا قلنا يصح قبول الهبة والوصية بلا إذن السيد= لم يفتقر الإقرار إلى تصديق السيد، وقد يقال: بل (٢) وإن لم نقل بذلك، نحو أن يكون قد تملك مباحا فأقر بعينه، أو أتلفه وضمن قيمته. انتهى كلامه، وهو متوجه. «فرع»: وإن أقر لعبد بنكاح أو قصاص أو تعزير أو حد قذف صح وإن كذبه السيد. ذكره الشيخ موفق الدين وغيره، لأن الحق له دون سيده. وقال الشيخ تقي الدين: وهذا في النكاح فيه نظر. انتهى. فجعل النظر في النكاح خاصة، فإن العبد لا يصح نكاحه إلا بإذن سيده، فإن في ثبوت نكاح العبد ضررًا عليه، فلا يقبل إلا بتصديق السيد، كإقرار القاتل بجناية الخطأ) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٨٧ - ٣٨٨] (٣).
(١) «الاختيارات» للبعلي (٥٣٠). (٢) في ط ٢ و «الاختيارات»: (بلى). (٣) «الاختيارات» للبعلي (٥٣٠).