Abû Ḥanîfa fonde son argumentation sur le principe que la responsabilité de l’usurpateur (ghâṣib) suit le même régime que celui d’une vente invalide (bayʿ fâsid) : toutes deux entraînent en effet un transfert de propriété. Ainsi, celui qui reconnaît avoir conclu une vente invalide en assume les conséquences ; de même, celui qui avoue avoir usurpé un bien.
Le Qâḍî réplique : « Nous ne concédons pas qu’un droit de propriété s’attache à l’usurpation ni à la vente invalide. De plus, selon Abû Ḥanîfa lui-même, si quelqu’un confessait avoir défloré une vierge, on ne le contraindrait pas à indemniser immédiatement. »
Shaykh Taqî ad-Dîn commente : « Abû Ḥanîfa se fonde sur son principe général selon lequel l’autorisation lève totalement l’incapacité ; pour les questions patrimoniales, l’esclave est donc traité comme un homme libre. »
Il ajoute : « Dans le cas où une personne reconnaît le droit d’autrui sans qu’il y ait soupçon de collusion — par exemple l’aveu d’un esclave pour un homicide involontaire, ou celui de l’auteur même d’un homicide involontaire — il convient d’assimiler cet aveu à un témoignage : le demandeur prête serment à ses côtés dans les affaires qui se prouvent par un témoin et un serment, ou bien il produit un second témoin, comme nous l’avons indiqué au sujet de l’aveu de certains héritiers sur la filiation. Tel est le résultat de l’analogie juridique (qiyâs) et de la préférence (istiḥsân). » Fin de citation (an-Nukat ʿala al-Muḥarrar, 2/383-384).
Il dit encore : « Le Qâḍî affirme : si le tuteur a placé l’esclave sous interdiction et que celui-ci reconnaît ensuite une dette, on ne le tient pas pour véridique. »
Dans la version rapportée par Ḥanbal, on lit : « Si le tuteur a interdit toute transaction à un esclave, puis qu’un homme achète quelque chose de cet esclave en sachant que son maître l’a placé sous interdiction, cet acheteur n’a aucun droit, car il a lui-même causé la perte de son bien. »
Le Qâḍî fait valoir que l’interdiction est indivisible : dès qu’elle frappe la vente et l’achat, elle doit également empêcher la création d’une dette.
Shaykh Taqî ad-Dîn remarque : « Abû Muḥammad (Ibn Qudâma) rapporte la même chose ; ils distinguent toutefois selon que le maître renouvelle ou non l’autorisation. »
Abû Ḥanîfa, quant à lui, déclare : « Si l’esclave est déjà grevé d’une dette qui absorbe tout ce qu’il possède, son aveu est nul ; et si… »
وبناه أبو حنيفة على أن ضمان الغاصب يجري مجرى البيع الفاسد، بدليل أنه يتعلق به تمليك، ولو أقر بشراء فاسد لزمه، كذلك إذا أقر بالغصب.
فقال القاضي: لا نسلم أن الملك يتعلق بالغصب ولا بالبيع الفاسد، ولو أقر أنه أفضى امرأة بكرًا لم يؤخذ في الحال عنده.
قال الشيخ تقي الدين: أبو حنيفة بناه على أصله في أن الإذن فك الحجر مطلقا، فيبقى في الأموال كالحر.
وقال الشيخ تقي الدين أيضًا: يتوجه فيمن أقر بحق الغير وهو غير متهم كإقرار العبد بجنايته الخطأ، وإقرار القاتل بجنايته الخطأ = أن يجعل المقر كشاهد ويحلف معه المدعي فيما يثبت بشاهد ويمين، أو يقيم شاهدا آخر، كما قلنا في إقرار بعض الورثة بالنسب، هذا هو القياس والاستحسان. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٨٣ - ٣٨٤].
- وقال أيضا: (قال القاضي: فإن حجر الولي عليه فأقر بدين بعد الحجر لم يصدق.
وقال في رواية حنبل: إذا حجر الولي على العبد، فبايعه رجل بعد ما علم أن مولاه حجر عليه، لم يكن له شيء، لأنه هو أتلف ماله.
واحتج القاضي بأن الحجر لا يتبعض، فإذا صار محجورا عليه في البيع والشراء، وجب أن يصير محجورًا عليه في إيجاب الدين.
قال الشيخ تقي الدين: وكذلك ذكر أبو محمد، فصَّلُوا بين أن يأذن له مرة ثانية أو لا يأذن له.
وقال أبو حنيفة: إن كان عليه دين يحيط بما في يده فإقراره باطل، وإن