Le texte explicite de l’imâm Aḥmad pose l’invalidité du témoignage rendu en leur faveur.
Nous disposons toutefois d’un avis selon lequel son témoignage demeure recevable lorsqu’il concerne un tiers étranger. Il semble, en effet, que l’auteur du Muḥarrar ait considéré que, compte tenu de la force intrinsèque de l’aveu (iqrâr) et de la part d’incertitude qu’il peut comporter, aucune opinion ne saurait en nier absolument la validité. Il écrit (1) : « On peut déduire qu’il ne devient pas obligatoire lorsque l’intéressé l’attribue à une cause unique, ou lorsqu’il le formule au profit d’un étranger. » Je n’ai trouvé cet extrait chez aucun autre auteur ; c’est également l’opinion d’Abû Ḥanîfa. ⦗An-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar, 2/375-376⦘
1562 – Lorsqu’un homme, atteint de la maladie qui l’emporte, reconnaît une somme d’argent au profit d’un non-héritier :
– Ibn Mufliḥ commente : (Son propos (2) : « Reste à savoir si cette créance concurre avec les dettes contractées alors qu’il était en bonne santé ; deux opinions sont rapportées. »)
Dans al-Mustawʿib figurent également deux versions, dont la plus solide retient l’absence de concurrence.
Le Qâḍî affirme ailleurs qu’il s’agit de l’analogie propre à l’école, par rapprochement avec le cas de l’insolvabilité : dans les deux situations, l’aveu intervient après que le droit des créanciers se soit déjà attaché à ses biens. Cette position a été jugée correcte dans al-Khulâṣa, préférée par plus d’un maître, et adoptée par Abû Ḥanîfa.
Shaykh Taqî ad-Dîn ajoute : son texte explicite stipule que cet aveu ne fait pas tomber les libéralités antérieures à
(1) C’est-à-dire : l’auteur d’al-Muḥarrir, et j’ignore si la remarque renvoie aux propos du cheikh Taqi al-Din ou s’il s’agit d’Ibn Muflih.
(2) C’est-à-dire : l’auteur d’al-Muḥarrir, et voici l’intégralité de son propos : « La seconde — c’est-à-dire l’une des situations où l’iqrar (aveu) fait en état de maladie contredit celui fait en état de santé — est l’iqrar portant sur une somme d’argent au profit d’un non-héritier. Il existe à ce sujet deux versions, dont la plus solide est l’acceptation. Mais ce cas est-il soumis à la règle applicable en état de santé ? »
منصوص الإمام أحمد وهو عدم صحة الشهادة لهما.
ولنا قول: تصح شهادته للأجنبي، وكأن صاحب «المحرر» رأى أن الإقرار لقوته ودخول الجهالة فيه لا يتخرج فيه عدم الصحة مطلقا.
قال (١): «ويتخرج أن لا يلزم إذا عزاه إلى سبب واحد، أو أقر لأجنبي بذلك».
ولم أجد هذا التخريج لغيره، وهذا قول أبي حنيفة) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٧٥ - ٣٧٦].
١٥٦٢ - إذا أقر في مرض موته بالمال لغير وارث:
- قال ابن مفلح: (قوله (٢): «لكن هل يحاص به دين الصحة؟ على وجهين».
وذكر في «المستوعب» روايتين، وأن أصحهما عدم المحاصة.
وذكر القاضي في موضع: أنه قياس المذهب أخذًا من مسألة المفلس، لأنه في الموضعين أقر بعد تعلق الحق بما له، وصحَّحه في «الخلاصة»، وقدَّمه غير واحد، وبه قال أبو حنيفة.
قال الشيخ تقي الدين: ونصه أن إقراره لا يبطل التبرعات السابقة على
(١) أي: صاحب «المحرر»، ولا أدري هل التعليق تابع لكلام الشيخ تقي الدين، أم من كلام ابن مفلح؟
(٢) أي: صاحب «المحرر»، وتمام كلامه: (الثاني ــ أي من الصور التي يخالف فيها الإقرارُ في المرض الإقرارَ في حال الصحة ــ: إقراره بالمال لغير وارث، ففيه روايتان، أصحهما قبوله، لكن هل يحاص به دين الصحة؟ .. ).