Livre de la prière
117 – Pas de rattrapage pour celui qui a délaissé la prière avant que la prescription ne lui parvienne :
– Ibn Mufliḥ dit : « Le musulman qui a manqué la prière avant d’avoir connaissance de la règle doit la rattraper (1). D’aucuns disent qu’il n’a rien à rattraper ; c’est l’avis rapporté par le Qâḍî et celui que notre maître a choisi, car les prescriptions n’obligent qu’après la connaissance. Il a encore été dit : il s’agissait d’un non-musulman belligérant. »
Notre maître poursuit : « Ces deux opinions valent pour quiconque a délaissé une obligation avant d’en être informé, comme celui qui n’a pas accompli le tayammum en l’absence d’eau parce qu’il pensait que ce dernier n’était pas valable ; ou n’a pas acquitté la Zakât ; ou a continué à manger jusqu’à ce que le fil blanc se distingue du fil noir, croyant que telle était la limite (2) ; ou la femme souffrant de saignements anormaux qui, pour cette raison, n’a pas prié, et autres cas semblables. L’opinion la plus solide est qu’il n’y a pas de rattrapage.
Il ajoute : « Il n’y a, de plus, aucun péché (3), d’un commun accord, car l’erreur et l’oubli sont pardonnés. » Il entend par là (4) celui qui n’a pas fait preuve de négligence ; autrement il commet un péché. Il en va de même pour celui qui a pratiqué l’usure, contracté un mariage invalide, puis découvert l’interdiction, et situations analogues. [Al-Furūʿ, 1/287-288 (1/405-406)] (5).
(1) Selon Ibn Qundus, dans sa Hashiya ‘ala al-Furu‘, un musulman qui n’a pas connaissance des prescriptions de la charia et manque ainsi certaines prières doit les rattraper dès qu’il apprend ces prescriptions : c’est le cas notamment de celui qui se convertit dans une région isolée ou en terre de guerre.
(2) Toujours d’après Ibn Qundus, certains pensent que le « fil blanc » et le « fil noir » désignent les fils ordinaires, sans savoir qu’il s’agit en réalité de la clarté du jour et de l’obscurité de la nuit, comme l’illustre un épisode rapporté dans un hadith authentique.
(3) Dans al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli : « Wa lâ isma idha lam yuqassir », soit « Et il n’y a pas de péché si l’on n’a commis aucune négligence ».
(4) Dans la 1re édition : « wa ma‘nahu » (« et son sens »), lecture également confirmée dans la 2e édition.
(5) Voir Fatawa (vol. 11, p. 406-407 ; vol. 22, p. 100-103), Minhaj as-Sunna (vol. 5, p. 122-125), al-Ikhtiyarat d’al-Baʿli (p. 48-49) ; voir également Fatawa (vol. 21, p. 430-431).
كتاب الصلاة
١١٧ - لا قضاء على من ترك الصلاة قبل بلوغ الشرع:
- قال ابن مفلح: (ويقضيها مسلم قبل بلوغ الشرع (١) «و: ش»، وقيل: لا، ذكره القاضي، واختاره شيخنا بناء على أن الشرائع لا تلزم إلا بعد العلم، وقيل: حربي «و: هـ».
وقال شيخنا: والوجهان في كل من ترك واجبا قبل بلوغ الشرع، كمن لم يتيمم لعدم الماء لظنه عدم الصحة به، أو لم يُزَكِّ، أو أكل حتى يتبين له الخيط الأبيض من الخيط الأسود لظنِّه ذلك (٢)، أو لم تُصلِّ مستحاضة ونحوه، والأصح لا قضاء. قال: ولا إثم (٣) اتفاقا، للعفو عن الخطأ والنسيان. ومراده (٤) ولم يُقَصِّر، وإلا أثم، وكذا لو عامل بربا، أو أنكح فاسدا، ثم تبين له التحريم ونحوه) [الفروع ١/ ٢٨٧ ــ ٢٨٨ (١/ ٤٠٥ ــ ٤٠٦] (٥).
(١) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (يعني: المسلم إذا لم يبلغه أحكام الشرع ففاتته صلوات، ثم علم أحكام الشرع، فإنه يقضي الصلاة التي فاتته، وهذا يتصور فيمن أسلم ببادية بعيدة، أو بدار الحرب) ا. هـ.
(٢) قال ابن قندس في «حاشيته على الفروع»: (يعني: إذا ظن أن المراد بالخيط الأبيض والخيط الأسود، الخيط المعروف عند الناس، ولم يعرف أن المراد سواد الليل وبياض النهار، كالقصة المذكورة في الحديث الصحيح) ا. هـ.
(٣) في «الاختيارات» للبعلي (ولا إثم إذا لم يقصّر).
(٤) في ط ١: (ومعناه)، والمثبت من ط ٢.
(٥) «الفتاوى» (١١/ ٤٠٦ - ٤٠٧؛ ٢٢/ ١٠٠ - ١٠٣)، «منهاج السنة» (٥/ ١٢٢ - ١٢٥)، «الاختيارات» للبعلي (٤٨ - ٤٩)، وانظر: «الفتاوى» (٢١/ ٤٣٠ - ٤٣١).