1555 – Lorsqu’une personne dont on doute la puberté avoue, puis déclare qu’elle n’était pas pubère au moment de son aveu :
– Ibn Mufliḥ rapporte : « L’auteur (1) dit : “Si celui dont la puberté est incertaine reconnaît une dette et affirme ensuite qu’il n’avait pas atteint la puberté, sa parole est retenue sans qu’il prête serment.” Shaykh Muwaffaq ad-Dîn et d’autres ont tranché de même. Le fait que sa parole fasse autorité tient au principe de présomption de minorité. Les propos de shaykh Taqî ad-Dîn viendront dans la section suivante. Quant à l’absence de serment, elle découle de notre jugement qu’il n’était pas pubère ; or l’individu non assujetti aux obligations religieuses ne peut être astreint à prêter serment.
Shaykh Taqî ad-Dîn objecte toutefois : “Il est envisageable de lui imposer le serment ; s’il n’a réellement pas atteint la puberté, cela ne lui nuit pas, et s’il l’a atteinte, le serment le retiendra et il reconnaîtra alors le droit dû.” Fin de citation. [an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/367]
– Il dit encore : « Shaykh Taqî ad-Dîn rapporte qu’Aḥmad a explicitement stipulé que, lorsque les deux parties divergent et que le vendeur soutient : ‘Je t’ai vendu l’objet avant ma puberté’, tandis que l’acheteur répond : ‘Au contraire, après ta puberté’, la parole revient à l’acheteur.
Cette règle (2) s’applique à l’aveu comme à tous les autres actes juridiques, car le principe, en matière de contrats, est la validité. On peut soit la formuler de manière générale, soit distinguer deux situations : celle où l’on est certain que, lors de l’acte, la puberté du contractant était douteuse et non reconnue, et celle où l’on ne possède pas cette certitude. Dans le premier cas, nous savons avec assurance que l’acte a émané d’une personne dont la capacité juridique n’était pas établie, l’état originel étant l’absence de cette capacité ; la condition requise est donc sujette à doute. Dans le second cas, l’acte a pu être accompli aussi bien en état de capacité qu’en son absence, et l’apparence est qu’il a été conclu au moment… »
(1) C’est-à-dire l’auteur d’al-Muharrir.
(2) Dans al-Ikhtiyarat d’al-Ba’li : yaji’u (il vient).
١٥٥٥ - إذا أقر من يشك في بلوغه ثم ذكر أنه لم يبلغ عند إقراره:
- قال ابن مفلح: (قوله (١): «وإذا أقر من يشك في بلوغه وذكر أنه لم يبلغ فالقول قوله بلا يمين».
وكذا قطع به الشيخ موفق الدين وغيره، أما كون القول قوله فلأن الأصل معه وهو الصغر، وسيأتي كلام الشيخ تقي الدين في الفصل بعده.
وأما كونه بلا يمين فكحكمنا بعدم بلوغه، وغير المكلف لا يجوز تكليفه بوجوب اليمين عليه.
قال الشيخ تقي الدين: يتوجه أن يجب عليه اليمين، لأنه إن كان لم يبلغ لم يضره، وإن كان قد بلغ حجزته فأقر بالحق. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٦٧].
- وقال أيضا: (قال الشيخ تقي الدين: قد نص أحمد على أنهما إذا اختلفا فقال: بعتك قبل أن أبلغ، وقال المشتري: بل بعد بلوغك، فالقول قول المشتري.
وهذا يتجه (٢) في الإقرار وسائر التصرفات، لأن الأصل في العقود الصحة، فإما أن يقال: هذا عام، وإما أن يفرق بين أن يتيقن أنه وقت التصرف كان مشكوكا فيه غير محكوم ببلوغه، أو لا يتيقن، فإنا هنا تيقنا صدور التصرف ممن لم تثبت أهليته، والأصل عدمها، فقد شككنا في الشرط، وهناك يجوز صدوره في حال الأهلية وحال عدمها، والظاهر صدوره وقت
(١) أي: صاحب «المحرر».
(٢) في «الاختيارات» للبعلي: (يجيء).