dans son aveu ; il peut en effet entendre par les mots « mon fils » qu’il s’agit d’un jeune garçon, par « mon frère » la fraternité islamique ; quant à la phrase : « L’argent que je détiens est à lui », il veut dire : il est habilité à le percevoir, car je l’ai mandaté pour le remettre à son ayant-droit. De même, lorsqu’il déclare : « Il a chez moi dix mille dirhams », il entend : cette somme se trouve sous ma responsabilité, c’est-à-dire qu’il a le droit, en vertu de la mission que je lui ai confiée, d’en prendre livraison, et ainsi de suite. Le Prophète ﷺ, lorsqu’il se trouvait avec Abû Bakr, déclara qu’il était son frère et jura sur cela ; de même, Abraham – sur lui la paix – affirma à propos de son épouse qu’elle était sa sœur ; et le Prophète ﷺ déclara encore : « Ils proviennent de l’eau. »
Quant au second vice, il n’est permis que s’il écarte cette nuisance ; pour cela, la personne au profit de laquelle l’aveu est formulé doit être réellement digne de confiance. Par précaution, il conviendrait encore de faire témoigner que cet aveu est un iqrâr taljîʿa (aveu sous contrainte) et d’en exposer l’interprétation.
Il convient pareillement d’admettre l’allusion (taʿrîḍ) dans le témoignage lorsqu’un témoin craint qu’en dévoilant le fond des choses une injustice ne soit infligée à la partie concernée, surtout lorsque la convocation du témoignage rend le silence impossible. De même pour l’allusion dans le jugement, si le juge redoute qu’une exposition explicite n’ouvre la porte à l’oppression. L’allusion dans la fatwâ, la transmission de hadiths, l’aveu, le témoignage, le jugement, la consultation juridique ou la narration doit être considérée à l’égal de celle admise dans le serment ; le serment n’est, somme toute, qu’une information assortie d’une emphase supplémentaire. [an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/ 364-365] (1).
1552 – Différence entre la contrainte à dire la vérité et la contrainte à avouer
Ibn Mufliḥ rapporte : « Al-Khallâl a dit : “Si quelqu’un est amené devant le juge, qu’il est saisi de stupeur et avoue, puis se rétracte…” » Isḥâq ibn Ibrâhîm dit : « On interrogea l’imâm Aḥmad au sujet de l’homme que l’on présente au… »