De même, l’ʿabd maʾdhûn (esclave autorisé à commercer) : s’il est ensuite frappé d’interdiction et reconnaît le prix d’un bien vendu durant la période d’autorisation ; de même encore, le mukâtib (esclave sous contrat d’affranchissement) qui, une fois devenu insolvable, admet le prix d’une marchandise vendue alors qu’il était sous kitâba ; dans ces deux cas, l’aveu est recevable, bien qu’au moment où il le formule il ne dispose plus de la capacité juridique requise. Il en va de même dans notre affaire.
Il en est de même pour le muṣâ (bénéficiaire d’un legs).
Même chose pour le mûdaʿ (dépositaire) qui, après révocation, prétend avoir restitué le dépôt ou qu’il se serait perdu.
Il en est encore ainsi pour l’esclave qui avoue délibérément avoir commis une infraction : son aveu est admis alors même qu’il ne possède pas ce qu’il reconnaît devoir.
Il a encore dit : « L’objection selon laquelle la réclamation d’une pension alimentaire (nafaqa) ne pourrait faire l’objet d’une preuve testimoniale est dénuée de fondement ; elle est réfutée par le cas de la restitution d’un dépôt, que l’on peut aisément prouver (1) et dont la déclaration est néanmoins acceptée. À l’inverse, les dépenses supportées pour l’épouse sont précisément difficiles à établir par témoignage, et pourtant la parole de l’intéressé n’est pas reçue. »
Shaykh Taqiy ad-Dîn a déclaré : « Il est permis de qualifier ces situations d’iqrâr (aveu) ; al-Jadd et d’autres ont déjà rangé certains de ces cas sous la rubrique de l’aveu. »
L’examen attentif conduit plutôt à dire : si l’informateur rapporte ce qui l’oblige lui-même, il est un muqirr (avouant) ; s’il rapporte ce qui oblige autrui à son propre profit, il est un muddaʿî (demandeur) ; s’il rapporte ce qui oblige autrui au profit d’un tiers, alors, s’il est dépositaire de confiance, il n’est qu’un mûkhbir (informateur), sinon il devient témoin. Ainsi, le juge, le mandataire, le mukâtib, l’esclave autorisé et le tuteur testamentaire : tous ces acteurs (2) sont habilités et dignes de confiance ; l’information qu’ils fournissent après leur révocation n’est donc pas un aveu, mais un simple rapport. Fin de citation.
[an-Nukat ʿalâ al-Muḥarrar : 2/ 362-363 (3/ 207-209)] (3)
(1) Dans la 1re édition, adjonction : yaqbulu qawlahu fiha (il accepte ce qui y est dit).
(2) De même, dans al-Ikhtiyārāt d’al-Ba‘lī : ma addawhu fahm (ce qu’ils en ont seulement compris).
(3) Al-Ikhtiyārāt d’al-Ba‘lī, p. 527.
وكذلك العبد المأذون إذا حجر عليه فأقر بثمن مبيع في حال الإذن، وكذلك المكاتب إذا أقر بعد العجز بثمن مبيع في حال الكتابة يقبل ذلك وإن لم يملك ذلك في حال الإقرار، كذلك ههنا.
وكذلك الموصى.
وكذلك المودع إذا ادعى رد الوديعة أو تلفها بعد عزل المودع له.
وكذلك العبد إذا أقر بجناية عمدا، فإنه يقبل إقراره وإن لم يكن مالكا لما أقر به.
قال: ولا معنى لقولهم إن دعوى النفقة لا يمكن إقامة البينة عليها، فإنه منقوض برد الوديعة يمكن إقامة البينة عليه (١) ويقبل، والإنفاق على الزوجة لا يمكن إقامة البينة عليه، ومع هذا لا يقبل قوله فيها.
قال الشيخ تقي الدين: تسمية هذه الأشياء إقرارا يجوز، وقد ذكر الجد وغيره تسمية بعض هذا إقرار.
والتحقيق أن يقال: المخبر إن أخبر بما على نفسه فهو مقر، وإن أخبر بما على غيره لنفسه فهو مدعي، وإن أخبر بما على غيره لغيره فإن كان مؤتمنا عليه فهو مخبر، وإلا فهو شاهد، فالقاضي والوكيل والمكاتب والمأذون له والوصي كل هؤلاء مأذون لهم (٢) مؤتمنون، فإخبارهم بعد العزل ليس إقرارا، وإنما هو خبر محض. انتهى كلامه) [النكت على المحرر: ٢/ ٣٦٢ - ٣٦٣ (٣/ ٢٠٧ - ٢٠٩)] (٣).
(١) في ط ١ زيادة: (يقبل قوله فيها).
(٢) كذا، وفي «الاختيارات» للبعلي: (ما أدوه فهم).
(٣) «الاختيارات» للبعلي (٥٢٧).